Implanté à Rezé, à deux pas de Nantes, le MiN Nantes Métropole, qui s’étend sur 20 hectares, poursuit son développement avec l’ouverture d’un pôle de services, baptisé WorkMin. Conçu pour répondre aux besoins des professionnels de l’alimentaire, cet espace rassemble des acteurs stratégiques du secteur. L’objectif est de favoriser les échanges, accompagner les jeunes entreprises et renforcer les dynamiques collaboratives entre grossistes, acheteurs et experts.
Un espace fonctionnel et central
Le lieu surplombe la fourmilière des fournisseurs. Au premier étage, WorkMin s’étend sur une surface totale de 460 m2, dont environ 100 m2 d’espaces communs. Il comprend huit bureaux, occupés notamment par la MAPA Assurances, l’UMIH 44, Synergies CHR (réseau d’accompagnement pour le développement des restaurants), La Machine Affaires (une agence de design), Émulsion (cabinet de conseils aux restaurants) et ELVEA 44. "Un dernier bureau reste disponible pour une entreprise souhaitant s’installer au cœur du Marché d’intérêt national", souligne Mahel Coppey, présidente de la SEMMINN, la société qui gère et exploite le MIN.
Au départ, l’idée de WorkMin est issue des échanges menés en 2024 avec les entreprises du MIN et s’inspire aussi des modèles existants, comme Rungis, où la MAPA est présente depuis 30 à 40 ans. "L’objectif n’était pas de disperser les bureaux sur le site, mais bien de créer un véritable pôle de services à un endroit stratégique, au carrefour des acheteurs, des grossistes et des fournisseurs", souligne Mahel Coppey. "Les entreprises qui se sont installées dans le WorkMin peuvent être en contact avec tous les fournisseurs dont les clients sont les professionnels des métiers de bouche et du secteur horticole, précise Amaury Hanotaux, directeur général du MIN de Nantes Métropole. C’est évidemment pour eux une opportunité de business."
140 fournisseurs et 428 millions d’euros de chiffre d’affaires
Le MIN Nantes Métropole est le deuxième Marché d’Intérêt National de France. Il accueille 140 entreprises (dont 40 producteurs locaux), génère plus de 1 000 emplois et commercialise 200 000 tonnes de produits par an, pour un chiffre d’affaires annuel de 428 millions d’euros. Pour Émilie Meslier, animatrice d’ELVEA 44, groupement de producteurs de viandes qui compte 155 éleveurs adhérents, il était important de venir ici, dans les locaux de WorkMin. "Notre présence au cœur du Marché d’intérêt national (MIN) s’explique par la volonté de nous faire connaître et de représenter la production de viande bovine du département. Je représente une centaine d’éleveurs de la région engagés dans la filière Label Rouge et une marque nouvelle, Viande de nos prairies. Notre rôle est de faire le lien entre l’éleveur, le commerçant privé, l’abattoir, le grossiste s’il y en a un, et le distributeur, comme Super U ou Intermarché. Notre installation au MIN nous permet aussi de développer un réseau de distributeurs et de toucher de nouveaux clients, notamment les restaurateurs, un secteur que nous approvisionnons encore très peu. L’objectif est donc de nous faire connaître et d’explorer ces nouvelles opportunités de débouchés."
Échanger avec les adhérents
Olivier Dardé, président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie 44, souligne l’intérêt pour son syndicat d’être dans le WorkMin.
"Notre première motivation pour être au MIN, c’est d’être au cœur du réseau des fournisseurs des cafés, hôtels et restaurants : éleveurs, producteurs, vignerons, et tout ce qui touche aux labels et AOC. Il nous semblait donc naturel d’être présents au sein de cet écosystème. Être au MIN permet aussi une plus grande proximité avec nos adhérents. Ils viennent ici faire leurs courses et peuvent facilement passer nous voir, ce qui favorise les échanges. Cela crée du lien, de la convivialité et permet une meilleure interaction qu’un simple échange téléphonique. Cela facilite le travail en collaboration avec nos partenaires, notamment Synergies CHR, qui est également ici, et qui apporte son expertise."
Une conjoncture difficile et un besoin de solidarité
Les difficultés économiques actuelles et le manque de lisibilité politique, imposent une plus grande solidarité entre les acteurs du secteur. "Depuis l’installation du Min à Rezé, en 2019, nous avons fait face à une succession de crises : COVID, crise énergétique, instabilité des marchés, note Mahel Coppey. Cette incertitude renforce la nécessité d’une trajectoire commune et le besoin d’une coopération au sein d’espaces comme le WorkMin." Pour l’hôtellerie et la restauration, depuis trois mois en particulier, la situation est difficile. "Ici, au WorkMin, on peut rencontrer nos adhérents, et faire passer des messages, souligne Olivier Dardé. Le plus important de ces messages : si ça va mal, parlez-en, ne restez pas seul. On peut trouver des moyens pour vous aider."