Le président-fondateur de 3D Jungle, Simon Jung, se voit comme un pompier : "Nous sommes là pour éteindre le feu, résoudre les problèmes liés à la production de pièces manufacturées". Lancée en 2020 comme une société de conseils et de services autour des scanners 3D pour la métrologie, la société messine 3D Jungle emploie neuf salariés et vient de boucler un nouvel exercice en croissance, soit un million d’euros de chiffre d’affaires.
Comptant déjà une cinquantaine d’entreprises clientes, dont quelques belles références industrielles locales et nationales, 3D Jungle s’est positionné au "service des usines", tournant le dos au modèle mis en place par les fabricants de scanner 3D, consistant d’abord à vendre du matériel. "Notre portefeuille clients va de l’artisan ébéniste au fabricant de turboréacteur", décrit Simon Jung. Qui ont tous en commun de devoir mesurer les dimensions d’une pièce mécanique ou encore de devoir contrôler les défauts sur des produits.
Vers la mesure automatique de série de pièces
Entouré de ses deux actionnaires, Laura Bordelais et Maximilien Rousselle, Simon Jung vient de lancer une nouvelle étape dans le développement de l’entreprise. Au sein de sa filiale dédiée à l’innovation, Vitamine Jungle, 3D Jungle a investi 300 000 euros dans une vaste cellule de scan 3D, équipée d’un bras robotisé et d’un scanner de marque Zeiss, capable de mesurer des pièces allant jusqu’à 3,5 mètres de long. "Notre ScanBox est en service depuis quelques mois et nous avons déjà passé trois lots de pièces", indique le dirigeant de 3D Jungle.
Et Simon Jung est déjà concentré sur le prochain développement : "L’étape d’après, c’est de scanner automatiquement des séries de pièces. Ce n’est pas raisonnable de le faire à la main et nous travaillons sur un îlot pour automatiser tout le procédé, une usine à scan", décrit le dirigeant.
Un système opérationnel pour le mois de juin
Jusqu’à présent, l’équipe de 3D Jungle a mobilisé un total de 600 000 euros pour développer ses projets et attend des retours de Bpifrance pour compléter les financements. Au sein de Bliiida, le tiers-lieu messin, 3D Jungle bénéficie non seulement de la dynamique du lieu, favorisant les collaborations avec d’autres start-up, mais a aussi trouvé un environnement favorable à l’innovation.
"C’est l’équipe de Bliiida qui nous a suggéré de créer une mezzanine de contrôle pour la ScanBox. Positionnés en hauteur, nous pouvons déjà contrôler les opérations de scan, et à terme, le chargement automatique des pièces", décrit Simon Jung, en précisant que le système de chargement automatique sera opérationnel pour le mois de juin.
Des algorithmes pour comprendre les dérives
Ce travail mené sur l’automatisation du procédé de scan des pièces doit d’abord permettre à 3D Jungle de desserrer la contrainte et de permettre à l’entreprise de continuer sa trajectoire de croissance en dépassant les 50 entreprises clientes.
En parallèle, le métrologue messin développe une solution basée sur l’intelligence artificielle, capable de comprendre pourquoi les pièces produites sont imparfaites. "Pour éteindre le feu, il faut se casser la tête et faire des maths, illustre Simon Jung. Nos algorithmes vont être capables de comprendre ce qui se passe". Derrière, les experts de 3D Jungle pourront plus rapidement préconiser des corrections sur la production.
Produire sans rebut
Troisième axe de travail pour 3D Jungle, la capacité à piloter les procédés de ses clients pour éviter les dérives. "Nous travaillons sur des outils qui pourront piloter les machines en fonction de la taille du brut initial", dévoile le fondateur de Simon Jung. Pièces imprimées en 3D ou brut de fonderie, la matière se présente rarement exactement de la même façon dans une machine. En proposant des corrections, le dirigeant veut aller chercher plus de valeur ajoutée, mais aussi se positionner comme un partenaire incontournable des industriels en étant capable de les aider à produire sans rebut. "Une usine qui consomme du gaz et de l’électricité pour faire des rebuts, ça ne peut pas fonctionner, notamment sur le plan écologique, mais en premier lieu parce que c’est une source de coût pour l’industriel", souligne Simon Jung.