Jouer cartes sur table, voilà l’ambition du Medef à quelques mois de la prochaine élection présidentielle. Patrick Martin, président de l’organisation patronale, a présenté lundi 22 juin à Paris un ensemble de 47 fiches thématiques qui résument la stratégie patronale pour "placer l’économie au centre du jeu, remettre de la rationalité dans des débats qui en manquent cruellement, resituer la France et l’Europe dans un environnement international bien plus large, promouvoir la contribution majeure des entreprises à la prospérité économique et sociale".
Simple et pédagogique
Ce document numérique joue la carte de la pédagogie pour présenter simplement avec forces graphiques les positions économiques du Medef qui sont sévères pour une France considérée comme étant en plein décrochage "face aux États-Unis et à la Chine", alors que les pouvoirs publics tant français qu’européens "n’ont pas pris la mesure des ruptures en cours".
Le Medef appelle de ses vœux des "réformes en profondeur" qui pourraient "redonner espoir et confiance aux Français et aux entreprises", explique l’organisation patronale dans le document de présentation des fiches. Des entreprises qui doivent pouvoir "se battre à armes égales", avec une fiscalité "qui ne rende pas l’embauche prohibitive", des normes "qu’on puisse comprendre et appliquer", une énergie "compétitive" dans un cadre "stable". Le tout résumé par une formule : "libérer le potentiel productif du pays".
Une baisse massive des cotisations sociales de 30 milliards d’euros
Parallèlement à cette prise de parole grand public, le Medef poursuit son offensive dialectique, en égrenant des prises de position pour alimenter les programmes des futurs candidats à la présidentielle de 2027. À commencer par la baisse des charges, pierre angulaire de la rhétorique patronale.
Sans attendre les conclusions du travail d’un groupe d’experts chargés par le gouvernement de plancher sur une hypothétique réforme du financement de la protection sociale (retraite, chômage, Assurance Maladie…), le Medef chiffre son projet.
Selon notre confrère Les Echos, le Medef souhaite "redonner de l’air aux entreprises et aux salariés, à travers une baisse massive des cotisations sociales de 30 milliards d’euros (en net)", avec pour contrepartie une forte contribution demandée aux retraités et une hausse sensible de la TVA.
Retraites et TVA
Côté entreprises, selon Les Echos, une diminution de charges de 20 milliards d’euros en net pour les entreprises : 60 milliards d’euros de baisse des cotisations moins les 30 milliards d’euros de la disparition des allègements de charges pour les salaires entre 2 et 3 fois le SMIC et les 10 milliards d’euros de hausse des cotisations vieillesse. Au final et compte du surcroît d’impôt sur les bénéfices à acquitter, les entreprises empocheraient au bas mot 16 milliards d’euros, calculent Les Echos. "Soit 50 000 euros par an en plus pour une entreprise de 50 salariés pour produire, investir et recruter !", se félicite le Medef. Un choc de compétitivité qui pourrait se traduire selon l’organisation patronale par la création de 260 000 emplois en dix ans et une croissance de 0,7 point du PIB.
Côtés salariés, le Medef propose une baisse de 10 milliards d’euros de leurs cotisations vieillesse (intégralement reprises par les employeurs) qui se traduirait par un gain de 300 euros nets par an pour un salarié payé au SMIC.
Toutes ces baisses seraient financées par les retraités aisés dont le taux de CSG serait aligné sur celui des actifs et l’abattement à l’impôt sur le revenu de 10 % supprimé. Et par la TVA dont le taux normal de 20 % serait augmenté de plus de 2 points.