La start-up marseillaise Le Lien autonomie, qui souhaite assister les aidants familiaux vient tout récemment d’ajouter Harmonie Médical Service (filiale d’Harmonie Mutuelle) à son réseau de prescripteurs, qui comprend déjà des professions libérales, des résidences autonomie, les établissements privés Sainte-Marguerite (cliniques Vert Coteau et Beauregard) et des hôpitaux, dont notamment les structures privées Saint-Jean et Saint-Roch, à Toulon. Un nouveau partenariat important pour la jeune entreprise qui ambitionne à terme d’intégrer ses services aux offres de mutuelles.
Des aidants souvent au bord de l'épuisement
La constatation est sans appel. "Huit entrées sur 10 dans un Epahd sont liées à un aidant qui ne parvient plus à permettre à une personne en perte d'autonomie de rester chez elle. Les aidants sont souvent propulsés dans des univers administratifs très complexes et totalement inconnus, en plus de devoir gérer l'affect avec un proche qui diminue de jour en jour, de concilier vie active (70 % sont encore en activité) et vie de couple et sociale. Pris dans un tourbillon, ils sont fortement exposés à l'épuisement. Nous avons voulu travailler sur ce problème et accompagner les personnes afin qu'elles puissent rester le plus longtemps possible à domicile", explique Alexandre Guillaume qui a créé Le Lien autonomie avec sa compagne Johanna Trouillas.
L'entreprise a intégré en novembre 2023 l’incubateur de Kedge Business à Marseille avec la ferme intention d’accélérer son développement. "Avec Johanna nous sommes désormais à 100 % sur le projet et nous devrions recruter une à deux personnes d’ici à la fin de l’année ", confie Alexandre Guillaume, ancien étudiant de Kedge Business School. Sa formation commerciale s’allie naturellement à celle de Johanna Trouillas, aide soignante dotée d’un Master en management des établissements sanitaires et sociaux, qui a notamment travaillé dans de nombreux Epahd.
Un développement en franchise
Le Lien autonomie a ainsi défini trois axes de travail. D’une part l’accompagnement aux démarches administratives, d’autre part la sélection et la coordination des soignants qui vont intervenir au domicile et enfin, la prévention afin d’éviter toute rupture dans la chaîne de soins. "Une personne en perte d’autonomie maintenue à domicile requiert en moyenne huit professionnels de santé. Nous faisons l’interface et gérons les rendez-vous, les transports et les aléas…" Le Lien autonomie, dont le modèle économique repose sur une série d’abonnements mensuels, envisage de donner une dimension numérique à ses services en développant notamment une plateforme qui pourrait servir de tableau de bord aux familles.
L’entreprise enregistre actuellement près de 4 000 euros de chiffre d’affaires mensuel récurent et, d’ici à la fin 2024, elle vise une cinquantaine de familles abonnées. "L’idée est de démontrer que notre concept fonctionne et ensuite, de le décliner sur d’autres territoires, pourquoi pas en franchise...", envisage Alexandre Guillaume. Le développement du Lien autonomie au travers des mutuelles santé permettrait de couvrir rapidement l’ensemble du territoire.