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Le laboratoire Ianesco recycle ses flacons d’analyse en dalles d’engazonnement
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Le laboratoire Ianesco recycle ses flacons d’analyse en dalles d’engazonnement

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Le laboratoire d’analyses physico-chimiques poitevin Ianesco a mis en place une filière pour recycler ses flacons d’analyse usagés. Depuis ce début d’année, ils sont transformés en dalles d’engazonnement par un partenaire. 110 000 flacons trouvent ainsi un débouché et évitent l’enfouissement.

Deux opérateurs de l’Esat voisin interviennent chaque jour chez Ianesco pour nettoyer et broyer les bidons usagés — Photo : Ianesco

Basé à Poitiers, le laboratoire d’analyses physico-chimiques Ianesco (80 collaborateurs, 9 M€ de CA 2024), prestataire de service en B to B auprès de 1 380 clients, est un acteur modeste comparé aux géants du secteur, le nantais Eurofins (6,95 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024) ou le lyonnais Carso (230 millions d’euros). Néanmoins, ce spécialiste de l’analyse environnementale (air et eau) connaît une forte croissance d’activité. Son chiffre d’affaires est passé de 6,5 millions d’euros en 2022 à 7,8 en 2023.

11 000 flacons usagés jetés

Ianesco jette chaque année 110 000 flacons usagés, pour la plupart ayant contenu de l’eau. Jusqu’alors, "nous nous débarrassions des flacons dans une benne classique, expose Olivier Farot, le PDG de l’entreprise. Elle était surtout remplie de vide, nos flacons prenaient du volume. Ils partaient soit à l’enfouissement, soit à l’incinération", regrettait le dirigeant. Ce constat le désolait, mais "c’est à l’industriel de trouver l’exutoire. Sans exutoire, vous ne réglez pas le problème".

Un Esat et deux PME locales dans la boucle

Olivier Farot a fini par rencontrer Né-Auplast (CA 2024 : 317 000 €), basée à L’Isle-Jourdain (Vienne). Cette entreprise spécialisée dans l’injection plastique traite le PE-HD (polyéthylène haut densité) de ses flacons pour le compte d’un client, une autre PME de la Vienne, basée à Civaux, qui conçoit et commercialise des produits d’aménagement du paysage : Plantco. Le PE-HD sert à créer des dalles d’engazonnement (dalles ajourées placées généralement sur des parkings). La filière a démarré début 2025.

Olivier Farot, PDG de Ianesco. D’abord directeur salarié de la structure associative depuis 2013, il a repris la SAS en 2021, avec quatre cadres et l’ancien président — Photo : Nathalie Oundjian

Les bidons vides de Ianesco sont pris en main par des travailleurs handicapés de l’Esat voisin Essor. Huit à neuf personnes interviennent sur place à tour de rôle par équipe de deux. Elles ôtent préalablement l’étiquette, qui pose problème pour la transformation du plastique. Olivier Farot aimerait trouver une étiquette plus facilement détachable, afin de pouvoir gagner du temps. Une possible prochaine étape. Après rinçage, les bidons sont passés au broyeur. Les bouchons, en polypropylène, sont triés pour être recyclés, par l’intermédiaire de l’association gersoise Les bouchons d’amour.

Pas de surcoût financier

Financièrement, Ianesco réalise une opération blanche. Le transformateur ne paie pas le produit mais vient le chercher sur place, ce qui économise l’enlèvement des bennes. "Avant, nous évacuions deux bennes par mois, dorénavant, c’est une fois tous les deux mois". En regard, il faut compter 15 000 euros pour le broyeur, à amortir en cinq ans. S’ajoutent les coûts de personnel pour l’Esat, mais il fallait aussi de la main d’œuvre avant pour la manutention des flacons. "Cela se vaut, c’est une manière différente de faire les choses", apprécie Olivier Farot, qui trouve satisfaction à avoir mis en place une petite filière d’économie circulaire, et à donner du travail à l’Esat.

L’expertise pour le CBD en veille

Ianesco, qui compte deux antennes, à Rouen (Seine-Maritime) et à Jarnac (Charente), réalise 80 % de son activité avec les analyses environnementales. Le reste porte sur les analyses d’emballages au contact d’aliments pour les industriels (5 % des échantillons, mais 20 % du chiffre d’affaires). Les activités d’analyse de l’eau ont fortement progressé du fait de la réglementation de 2023 qui a obligé les industriels à faire rechercher les PFas (polluants éternels), dont l’indice AOF (fluor).

La croissance de l’entreprise tient à son bon positionnement sur ces marchés, et donc à une anticipation juste des réglementations. C’est dans cet état d’esprit que le laboratoire développe une nouvelle spécialité sur les cannabinoïdes et le CBD et se tient en veille. "Pour l’instant, la France interdit de cultiver le chanvre pour le CBD, mais il est possible que la réglementation change", glisse Olivier Farot.

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