Le jeu des 1.000 euros

Le jeu des 1.000 euros

S'engager à offrir une prime de 1.000€ aux salariés des entreprises qui distribuent des dividendes est une mesure bien alléchante pour tout collaborateur. Mais ne risque-t-elle pas de freiner les ardeurs des chefs d'entreprise en matière d'emplois et de recrutement, voire de progression des salaires, lesquels, une fois de plus, seraient contraints de mettre la main au porte-monnaie? Les partenaires sociaux locaux sont d'ailleurs rapidement montés au créneau. «Ce projet s'apparente à une double pleine, s'alarme Bernard Fontanel, président du Medef Lyon-Rhône. Nous conjuguons les effets de la crise et l'alourdissement des charges sur les entreprises. Comment accepter que l'État décide de la politique salariale de chaque entreprise?» Même inquiétude du côté de l'UPA Rhône-Alpes pour qui «les rémunérations doivent rester à l'appréciation des entreprises et des branches professionnelles». Pour éviter que ce genre de mesures ne soit mis en place par nos politiques, n'est-ce pas de la responsabilité des dirigeants de prendre de telles initiatives? Vous, chefs d'entreprise, êtes seuls juges des efforts accomplis par vos collaborateurs, du travail fourni quotidiennement pour créer de la richesse et donner de la valeur à vos PME. C'est à vous que revient ce rôle de réguler le partage des profits, d'anticiper et de motiver, sans attendre qu'une loi vous y oblige. La notion de responsabilité sociétale prend ici tout son sens. Nombreux sont les patrons de PME qui agissent déjà dans cette direction. Alors cessons de tout attendre de l'État et faisons confiance à nos dirigeants. @email

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