Même si l'on reste loin de Rotterdam, premier port européen qui affiche 87.000 emplois et 11,6 milliards de valeur ajoutée, les chiffres havrais sont plutôt encourageants. « Le Complexe industrialo-portuaire (CIP) représente 22,5 % de l'emploi dans le bassin du Havre et 1/8e de la richesse produite dans la Région », résume Alain Malmatel, directeur de l'Insee Haute-Normandie. Dans une zone d'emploi où l'on dénombrait 141.000 salariés en 2010, le port reste le moteur essentiel du marché du travail alimentant pour l'essentiel Le Havre et la communauté urbaine et étendant ses effets dans un rayon d'une cinquantaine de kilomètres. Grâce aux facilités de déplacements via les ponts de Tancarville et de Normandie, le CIP havrais attire ainsi 2.500 résidents des zones d'emploi de Pont-Audemer et Honfleur sur la rive gauche de la Seine. La dernière version en date de l'étude effectuée par la direction régionale Haute-Normandie de l'Insee en partenariat avec le Grand Port Maritime du Havre et l'Agence d'Urbanisme de la Région du Havre et de l'Estuaire de la Seine (1), repose sur l'analyse des chiffres 2010. En introduisant le concept de complexe industrialo-portuaire, l'Insee constate que l'addition des deux « clusters » majeurs et complémentaires de l'économie havraise (le secteur maritime et portuaire plus les industries et services qui lui sont liés) représentait alors 31.727 salariés répartis dans 783 établissements implantés sur le territoire administratif du Grand Port Maritime du Havre qui s'étend jusqu'au pont de Tancarville. « Au-delà des activités strictement maritimes, de nombreux établissements tirent parti des infrastructures portuaires et de la navigabilité de la Seine facilitant leurs relations avec leurs clients et fournisseurs », rappelle l'Insee. C'est le cas de Renault (2.700 emplois) à Sandouville, du groupe Total (1.800 postes dans le raffinage et 2.350 dans la pétrochimie), et d'Aircelle (1.450) qui fabrique des nacelles pour moteurs d'avions à Gonfreville-l'Orcher -chiffres compilés en 2010 ! Cette composante affiche 17.367 salariés dans 513 établissements, à raison de 9.735 dans les industries, 4.889 dans les services, et 2.743 dans les transports terrestres. Avec 625 établissements, le maritime et portuaire pèse 14.400 emplois. La logistique (entreposage et distribution) en pourvoit près de 3.000. C'est plus que les agences maritimes (2.750) et la manutention portuaire (2.580) et nettement devant les commissionnaires de transport (1.750) et l'autorité portuaire (1.300).
Chute de -47 % dans l'assurance maritime
À périmètre constant, en intégrant les transports terrestres qui ne lui sont pas intégralement dédiés, on observe une croissance de 4,5 % des emplois dans cette composante maritime et portuaire comparativement à 2006. Toutefois, l'évolution s'avère plus contrastée au niveau des métiers. Durant cette période, les effectifs de la trilogie pilotage, remorquage, lamanage (650) ont progressé de 27,5 %, et ceux de la manutention de 11 %. Mais ceux de l'éminente spécialité assurance, expertise, inspection et contrôle technique ont diminué de 47 % à moins de 300 personnes. La douane (271 agents) en a perdu 20 %. Et le nombre des cheminots (242) a pratiquement fondu de moitié durant la dernière décennie. L'élément le plus spectaculaire de l'étude réside dans l'évaluation à 3,7 milliards d'euros de la richesse produite par le travail dans le CIP du Havre (chiffre 2009) soit 12,5 % de la valeur ajoutée totale réalisée en Haute-Normandie. La moyenne par salarié y ressort à 125.000 euros. Portée par le raffinage, activité à forte valeur ajoutée par excellence, elle culmine à 239.000 dans l'industrie. Plus modestement, elle ne dépasse pas 75.000 dans le maritime et portuaire. (1)Publiée dans Aval, février 2013, N° 132, Insee Haute-Normandie, 8 quai de la Bourse, 76037 Rouen cedex
Le Complexe industrialo-portuaire du Havre génère 32.000 emplois directs qui produisent une richesse annuelle de l'ordre de 3,7 milliards d'euros, révèle une étude de l'Insee.