Le groupe haut savoyard Somfy (1,5 Md€ en 2025 ; 6 500 salariés dont près de 2 800 en France), spécialisé dans la domotique et les outils connectés, annonce avoir engagé un projet de réorganisation qui pourrait conduire à la suppression de 550 postes dans le monde, dont près de 350 emplois en France. Une onde de choc en Haute-Savoie, notamment à Cluses où se trouve le siège du groupe, un des principaux employeurs du département.
Interrogé par notre confrère le quotidien Le Dauphiné, le directeur général du groupe a confirmé que les sites haut-savoyards seraient touchés par cette vague de suppressions d’emplois. "Nous ne toucherons pas à l’emploi industriel. Les usines, la logistique et la population ouvrière ne sont pas concernées. Le projet vise les cadres et les employés", a expliqué Sébastien Picot, nommé en avril 2024.
Tirer parti du nouveau contexte
Longtemps porté par la dynamique de la construction neuve en Europe, le groupe fait désormais face à un marché arrivé à maturité, marqué par le basculement vers le remplacement et par une faible activité dans le bâtiment. Cette évolution structurelle pèse sur les volumes de ventes (le CA 2025 est identique à celui de 2022, après un recul en 2023) et la rentabilité du groupe pionnier de la maison connectée.
À ces facteurs externes s’ajoute, selon la direction, un défi interne : au fil de sa diversification, de son internationalisation et de ses acquisitions, l’organisation de Somfy s’est complexifiée au détriment de son efficacité, notamment pour le développement de nouvelles offres. Les mesures prises pour rationaliser le portefeuille de marques, réduire le nombre d’entités juridiques, et des investissements pour développer les services et la digitalisation des processus n’auraient pas suffi à inverser une tendance de fond.
Relais de croissance à l’international
Parallèlement, Somfy va donc adapter son modèle d’activité en Europe et identifie ses principaux relais de croissance aux États-Unis et en Asie, notamment sur les segments des stores d’intérieur, des rideaux motorisés et des bâtiments collectifs, jugés plus dynamiques. Le projet présenté prévoit ainsi une réorganisation des fonctions et des processus afin de "gagner en agilité" et de dégager des moyens d’investissement en faveur des axes prioritaires du plan stratégique dont le contenu précis n’est pas dévoilé.
En France, le projet pourrait se traduire par un plan de départs volontaires, qui précéderait tout départ contraint. Une procédure d’information-consultation du CSE, prévue pour une durée de quatre mois, s’ouvre désormais. "Bien qu’indispensable, j’ai conscience de l’impact de ce projet pour les salariés", a déclaré Sébastien Picot, affirmant vouloir conduire les discussions "de manière constructive" et accompagner les collaborateurs concernés. Somfy est détenu à 90 % par le groupe familial Despature, également propriétaire de la marque Damart.