Vendée
Le groupe vendéen Beneteau affiche une bonne santé sur l’exercice 2024 et annonce une forte ambition pour 2028
Vendée # Nautisme # Conjoncture

Le groupe vendéen Beneteau affiche une bonne santé sur l’exercice 2024 et annonce une forte ambition pour 2028

S'abonner

Malgré un recul d’activité, le Groupe Beneteau parvient à dépasser ses objectifs de rentabilité en 2024 et atteint 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires. Le leader mondial du nautisme dresse le bilan de l’année, tout en annonçant impulser un rebond avec un plan produits ambitieux de 66 nouveaux modèles dans les trois ans. Il vise 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2028.

Le Beneteau Oceanis Yacht 60 est l’un des premiers modèles du constructeur vendéen à intégrer des matériaux composites recyclés — Photo : Photo Gilles Martin-Raget  © 

Dans un contexte marqué par la baisse de la demande, l’inflation persistante et la frilosité des distributeurs, le Groupe Beneteau parvient à tirer son épingle du jeu. En 2024, le chiffre d’affaires du géant de Saint-Gilles-Croix-de-Vie (Vendée) s’établit à 1,034 milliard d’euros, en recul de 29,4 % par rapport à une année 2023 considérée comme exceptionnelle. Mais malgré ce retournement, le groupe vendéen affiche pour l’année 2024 un résultat opérationnel courant de 75,9 millions d’euros, représentant 7,3 % du chiffre d’affaires, soit un niveau supérieur aux dernières prévisions.

"Les équipes du groupe Beneteau ont à nouveau démontré en 2024 leur formidable capacité à s’adapter aux fortes évolutions des marchés du nautisme, salue Bruno Thivoyon, directeur général du groupe. Les efforts de l’ensemble des collaborateurs ont permis de dépasser le milliard d’euros de ventes sur l’exercice, ainsi que le haut de la fourchette de rentabilité prévue pour l’exercice."

Une cession du pôle Habitat et une solidité financière

Cette performance s’appuie notamment sur la poursuite de la montée en gamme de l’offre, avec des succès comme la gamme de catamarans à moteur Prestige M-Line. S’ajoute à cela une gestion rigoureuse comportant réduction des dépenses indirectes, ajustement industriel, maîtrise des effets de l’inflation et pilotage des stocks. Si l’EBITDA chute à 136,3 millions d’euros, soit 13,2 % du chiffre d’affaires (contre 17,9 % en 2023), la solidité financière du groupe reste au rendez-vous. Cette dernière est renforcée par "la cession de la division Habitat à Trigano fin novembre pour 235 millions d’euros", générant une plus-value nette de 38 millions d’euros. Le résultat net part du groupe s’établit ainsi à 92,9 millions d’euros.

Enfin, l’entreprise cotée en Bourse, sur Euronext Paris, souligne qu’après "distribution de dividendes et rachats d’actions à hauteur de 64 millions d’euros, la trésorerie nette s’est ainsi élevée à 357 millions d’euros au 31 décembre 2024, contre 234 millions d’euros à fin 2023." Sans compter que "la solidité financière du groupe s’illustre également par la progression de ses fonds propres à 886 millions d’euros au 31 décembre 2024, contre 856 millions d’euros au 31 décembre 2023."

Une feuille de route marquée par la RSE et la seconde main

Ce recentrage stratégique permet à Beneteau de mobiliser ses ressources vers son cœur d’activité, le nautisme, et le nautisme durable en particulier. En 2024, le groupe a notamment accéléré sa feuille de route RSE, en réduisant ses émissions de CO₂ à 650 tonnes de CO₂/M€ t (tonnes de CO₂ émises par million d'euros de chiffre d'affaires), contre 920 tCO₂/M€ en 2022. En 2024, "56 % des achats du groupe sont ainsi provenus de fournisseurs dont la démarche RSE a été formellement évaluée (soit 15 points de plus comparé 2023)". En parallèle, le groupe vendéen a appuyé le cap sur l’innovation produit autour de la propulsion hybride, de l’éco-conception et du recyclage des matériaux. L’offre, de plus, s’étoffe. Elle s’élargit vers une gamme plus accessible, à même de séduire de nouveaux propriétaires, "aujourd’hui tournés vers le marché de la seconde main", précise le groupe.

Un chiffre d’affaires stable à l’horizon 2025

Bruno Thivoyon, directeur général de Beneteau — Photo : David Pouilloux

Pour 2025, Beneteau anticipe un chiffre d’affaires stable ou en léger repli, soit un chiffre d’affaires compris entre 0,9 et 1 milliard d’euros. Ce dernier sera marqué par une baisse de la demande estimée entre -5 % et -10 % sur l’année et un déstockage attendu dans les réseaux de distribution qui vendent les bateaux du groupe vendéen (jusqu’à 100 M€), concentré sur le premier semestre. L’activité sera également impactée par la mise en route progressive d’un nouvel ERP à Bordeaux.

"C’est lorsque les marchés du nautisme sont en recul que les lancements de nouveaux modèles permettent aux acteurs solides de rebondir "

En revanche, le second semestre s’annonce plus dynamique, porté par "la présentation de 20 nouveaux modèles lors du salon de Cannes, au moment où la normalisation des stocks pourrait relancer les commandes".

"La cession de l’Habitat va permettre au groupe d’accélérer son développement sur les marchés du nautisme, tout en effectuant un juste retour aux actionnaires ", ajoute Bruno Thivoyon. Le Conseil d’administration a ainsi décidé de proposer un dividende exceptionnel de 1,21 euro par action, qui sera versé le 27 mars 2025, en complément d’un dividende courant de 0,22 euro par action.

Objectif : un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros en 2028

Beneteau construit notamment des catamarans de la série Lagoon — Photo : Nicolas Claris

La priorité est désormais claire : relancer la croissance organique dès la saison 2025-2026. Pour cela, le groupe mise sur un plan produits ambitieux. Au total, "près de 66 nouveaux modèles seront ainsi lancés entre 2025 et 2027 (contre 44 sur la période 2022-2024), dont 28 dans le haut de gamme", annonce le groupe.

Parmi eux, des modèles emblématiques comme le Lagoon 82 ou le Beneteau First 60 viendront renforcer la stratégie de montée en gamme. Cette dynamique d’innovation, couplée à une industrialisation ajustée, vise un chiffre d’affaires de 1,5 milliard d’euros en 2028 et une marge opérationnelle courante de 10 %. "C’est lorsque les marchés du nautisme sont en recul que les lancements de nouveaux modèles, et de nouvelles gammes, permettent aux acteurs solides de rebondir ", souligne Bruno Thivoyon.

Vendée # Nautisme # Conjoncture # Grandes Entreprises