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Le groupe Isagri fait l’acquisition de la start-up lilloise Sencrop
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Le groupe Isagri fait l’acquisition de la start-up lilloise Sencrop

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Le groupe Isagri (3 000 salariés), éditeur de solutions numériques agricoles, acquiert la start-up lilloise Sencrop, qui conçoit des stations météo connectées pour les agriculteurs. Avec 35 000 stations installées, Sencrop permet à Isagri d’accélérer sur le marché européen de l’agro-météo. Le groupe prévoit 10 à 20 % de croissance annuelle pour cette activité.

Installées dans les parcelles, les stations connectées de Sencrop permettent aux agriculteurs de mieux suivre les conditions météo dans leurs champs, et les aident dans la prise de décision — Photo : Sencrop

Le groupe Isagri, basé à Tillé, dans l’Oise, signe l’acquisition de 100 % du capital de la start-up lilloise Sencrop. Avec un chiffre d’affaires de 8 millions d’euros et 80 salariés, celle-ci conçoit et vend des stations météo connectées, à destination des agriculteurs. Le montant de cette opération, conclue fin décembre 2024, n’a pas été communiqué. Éditeur de solutions numériques pour l’agriculture (logiciels, systèmes d’information, télécoms, téléphonie, etc.), le groupe Isagri accélère ainsi sur le marché porteur de l’agro-météo connectée, en France comme en Europe. Fondé en 1983 par Jean-Marie Savalle, Isagri est un groupe à capital 100 % familial, qui réalise un chiffre d’affaires de 340 millions d’euros, avec 3 000 salariés. Il a financé cette acquisition sur ses fonds propres.

S’adosser à un groupe

Lancé en janvier 2016 par Martin Ducroquet et Michaël Bruniaux, Sencrop s’est rapidement installé sur le marché encore balbutiant de l’agro-météo connectée. Au moment du rachat, l’entreprise affichait près de 35 000 stations installées dans des parcelles agricoles, contre 5 000 pour le groupe Isagri, via son pôle Météus. Sencrop revendique une croissance de 35 % en 2024, "et une croissance à deux chiffres depuis la création", souligne Martin Ducroquet. Le tout, en étant "rentable sur certaines activités et pas sur d’autres", ajoute-t-il, évasif.

Après plusieurs levées de fonds, dont une à hauteur de 18 millions de dollars en 2022, l’entreprise lilloise était arrivée "à un moment de son parcours qui nécessitait de remettre du carburant, explique le cofondateur. Face à un marché du financement de la tech qui s’est tendu, nous avons étudié la possibilité de nous adosser à un industriel". Pour l’heure, la direction de Sencrop et ses équipes lilloises sont maintenues en l’état.

Sencrop va développer avec Isagri une nouvelle génération de station météo connectée, disponible courant 2025 — Photo : Sencrop

Une ambition mondiale

Avec cette acquisition, Isagri se revendique désormais "leader en Europe des solutions agro-météo collaboratives", une position qu’il entend bien conforter. Tout en poursuivant la commercialisation des stations météo actuelles, Isagri annonce la conception d’un produit commun, fruit des expertises respectives de Météus et Sencrop, avec une sortie prévue en 2025. "L’idée est de prendre le meilleur de la technologie de chacun", indique Martin Ducroquet.

Si le plan d’investissements dédié est en cours d’écriture, "nous visons 10 à 20 % de croissance annuelle sur cette activité, cela dépendra de notre capacité à accélérer à l’international", annonce Philippe Seguin, directeur général d’Isagri France. "Avec la future station, nous pouvons afficher une ambition mondiale. Si les besoins des agriculteurs sont différents selon les zones géographiques, il n’existe pas, en revanche, de barrières réglementaires sur ce marché", souligne-t-il. Parmi les destinations visées, figure notamment l’Amérique du Nord.

"Nous visons 10 à 20 % de croissance annuelle sur cette activité."

Une vague d’acquisitions

Avec Sencrop, le groupe Isagri poursuit une vague d’acquisitions, "ciblant plutôt des technologies innovantes", détaille Phillipe Seguin. Sur le deuxième semestre 2024, le groupe a ainsi intégré l’entreprise portugaise Filosoft, l’espagnol Top 1 Nuevas Tecnologias, le suisse Agroplus, la start-up parisienne Bobbee ou encore le lorrain Crisalid. Toutes ces opérations ont été financées sur fonds propres.

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