Beauvais
Groupe Isagri multiplie les acquisitions et vise le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2035
Beauvais # Edition de logiciels # Fusion-acquisition

Groupe Isagri multiplie les acquisitions et vise le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2035

S'abonner

Le Groupe Isagri entre dans une nouvelle phase de développement. Basé à Beauvais, l’éditeur de logiciels pour le monde agricole vise le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2035, tout en doublant ses effectifs pour atteindre 10 000 collaborateurs. Depuis l’été 2024, cette ambition se traduit par une importante vague d’acquisitions, en France comme à l’international.

Pascal Chevallier, directeur général du groupe Isagri, compte tripler le chiffre d’affaires de l’entreprise basée à Beauvais — Photo : Groupe Isagri

Basé à Beauvais (Oise), le Groupe Isagri clôturera son exercice fin juin avec un chiffre d’affaires de 370 millions d’euros et 3 300 collaborateurs. L’éditeur de solutions numériques pour l’agriculture (logiciels, systèmes d’information, télécoms, téléphonie, etc.) poursuit sa croissance, puisqu’il enregistrait en juin 2024 un chiffre d’affaires de 340 millions d’euros.

"Notre ambition est d’atteindre le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2035, avec 10 000 salariés."

Mais surtout, il appuie nettement sur l’accélérateur en se donnant un nouveau cap. "Notre ambition est d’atteindre le milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2035, avec 10 000 salariés", annonce Pascal Chevallier, directeur général du Groupe Isagri.

Une forte vague d’acquisitions

Cette ambition de croissance, soutenue par un actionnariat à 100 % familial, est à l’origine d’une récente accélération en matière d’acquisitions. Si le Groupe Isagri n’en est pas à ses premiers rachats, il ne les avait encore jamais opérés à un tel rythme. Depuis l’été 2024, le groupe a réalisé pas moins de 7 opérations de croissance externe. "Jusqu’à présent, nous avions acquis au maximum 3 ou 4 entreprises de manière rapprochée", note Pascal Chevallier, présent dans l’entreprise depuis l’année de sa création, en 1983.

Ces sept dernières opérations ont porté sur des cibles variées, en France comme à l’international : les start-up parisienne Bobbee (50 collaborateurs), lilloise Sencrop (80 salariés, 8 M€ de CA) et marnaise Agrivitech, les entreprises portugaise Filosoft (20 collaborateurs, 1 M€ de CA), espagnole Top 1 Nuevas Tecnologias (7 collaborateurs, 1 M€) et suisse Agroplus (671 000 € de CA) et enfin la PME mosellane Crisalid (40 salariés, 7 M€ de CA). Son opération la plus récente, à ce jour, est une prise de participation, à hauteur de 34 %, au capital de la start-up Empovet, basée en Maine-et-Loire. Une dernière opération qui constitue une exception : "En général, les acquisitions portent sur 100 % des parts", précise le dirigeant.

Trois grandes motivations

La constante, parmi ces opérations, réside dans leurs motivations. Elles sont au nombre de trois, à savoir "nous consolider sur un marché, acquérir une technologie qui nous intéresse ou nous diversifier vers de nouveaux marchés ou de nouvelles zones géographiques", résume Mathieu Savalle, directeur des fusions acquisitions (M & A) du groupe et fils de Jean-Marie Savalle, le président fondateur.

Jean-Marie Savalle (à droite), fondateur et président d’Isagri et ses deux enfants, Hélène Savalle, directrice des ressources humaines et Mathieu Savalle, directeur M & A — Photo : Groupe Isagri

Le rachat de start-up permet ainsi au groupe d’acquérir une technologie, plutôt que d’avoir à la développer, avec le temps et les coûts que cela implique. "C’est typiquement le cas de la start-up Bobbee, qui ne réalisait quasiment pas de chiffre d’affaires mais dont le rachat a permis de proposer rapidement une offre web complète à nos clients", détaille le directeur M & A. Le groupe acquiert également des concurrents en vue de se renforcer sur des marchés où il est déjà présent. Le rachat du suisse Agroplus, éditeur de logiciels spécialisés pour les agriculteurs, viticulteurs et maraîchers, a par exemple permis de tripler la clientèle dans ce pays.

S’ouvrir de nouveaux marchés

Ces récentes acquisitions ont aussi ouvert au groupe de nouveaux marchés. Par exemple, celui des boulangeries et commerces de bouche, via le rachat de la PME mosellane Crisalid, qui développe des logiciels d’encaissement à destination de ces secteurs. "Nous souhaitons globalement nous ouvrir à d’autres marchés, qui restent proches de l’agriculture et de la chaîne céréalière. Quand un de nos marchés se porte moins bien, cela permet de nous appuyer sur d’autres", indique Pascal Chevallier.

Les stations connectées de Sencrop permettent aux agriculteurs de mieux suivre les conditions météo dans leurs champs — Photo : Sencrop

Enfin, la croissance externe doit permettre au Groupe Isagri de mettre le pied dans des pays où il n’est pas encore présent. "Nous visons des pays qui possèdent de grandes zones agricoles", précise le directeur général. Lors du rachat de la start-up lilloise Sencrop, qui conçoit des stations météo connectées pour les agriculteurs, le groupe indiquait notamment viser l’Amérique du Nord. Groupe Isagri réalise pour l’heure 25 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’international, via ses filiales. "L’objectif est d’atteindre les 40 millions d’euros à horizon 2028-2030", ambitionne le directeur général.

Vers d’autres opérations

Le Groupe Isagri réunit aujourd’hui une trentaine de structures, dont l’entreprise historique Isagri, qui édite des logiciels pour les agriculteurs et représente encore 49 % de l’activité. Si une partie de la croissance attendue d’ici 2035 sera organique, le groupe mise largement sur les acquisitions pour accélérer. Ces opérations sont financées en partie sur fonds propres et en partie par de la dette bancaire.

"Notre endettement nous laisse encore de la marge pour réaliser d’autres acquisitions"

"Nous payons cash, puis nous refinançons une partie de ces opérations après leur réalisation. Cela nous permet de ne pas être dépendants de la décision des banques, détaille Mathieu Savalle. Notre endettement nous laisse encore de la marge pour réaliser d’autres acquisitions". Si les opportunités ne manquent pas dans un contexte économique tendu, Pascal Chevallier endosse toutefois le rôle de garde-fou : "Le rachat est une étape, mais c’est la plus facile. Il ne faut pas perdre de vue que l’histoire commence après."

Beauvais # Edition de logiciels # Conseil en informatique # Agriculture # Fusion-acquisition # ETI # International