Depuis sa création au Mans en 2001, DRI a toujours produit ses efforts pour un numérique plus économe, moins énergivore. "En 2010, nous étions les premiers à mettre en place un data center sans climatisation sur le marché", rappelle le président du groupe, Régis Josso. L’hébergeur web et prestataire en infogérance renforce cette vision du métier avec la reprise de Greenspector, pionnier du numérique responsable.
Un écoscore numérique
Cette société nantaise a mis au point une méthodologie permettant de mesurer l’impact environnemental des applications et services numériques. Sa méthodologie permet d’évaluer huit critères (gaz à effet de serre, épuisement des ressources, émission de particules, etc.) selon trois axes : la performance de l’outil numérique, la consommation d’énergie et la consommation des données.
Cette solution a déjà labellisé 150 applications majeures. L’outil est référencé chez de grands groupes privés et publics, tels que Bouygues Telecom, France Télévisions, Air France, SNCF, Crédit Agricole, Decathlon, les métropoles de Nantes et de Bordeaux, etc.
DRI proposait déjà l’emploi de cet écoscore à ses clients, afin qu’ils puissent infléchir le poids de leur écosystème numérique. Baptisée Greenspector Studio, la solution est désormais proposée en self-service pour faciliter son usage et son déploiement.
Repris à la barre
En juin 2025, le tribunal de commerce de Nantes avait décidé la liquidation de Greenspector. Le groupe DRI a finalement repris l’ensemble des actifs et les équipes, dont les fondateurs (en 2010) : Thierry Leboucq, Olivier Philippot et Thomas Corvaisier.
La direction générale de Greenspector a été confiée à un dirigeant connu dans le microcosme nantais des secteurs informatiques et numériques : Yves Le Gohebel a notamment créé Connexing, un distributeur de produits de téléphonie et informatiques, revendu en 2023. Le recrutement d’un responsable de comptes est également ouvert.
L’équipe de Greenspector est hébergée au siège administratif de DRI, à Nantes. Le nouveau groupe compte 47 personnes dans ses rangs. DRI a réalisé 4,2 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2024.
Un moteur pour une IA responsable en Europe
"Nous trouvions dommage qu’une entreprise avec les mêmes valeurs que les nôtres sur l’écoresponsabilité disparaisse", explique Régis Josso. "De plus, Greenspector va nous permettre de nous développer à l’échelle européenne sur un marché en pleine croissance : l’IA mobile responsable."
Les bancs de mesure physique de la société nantaise lui permettent de qualifier la consommation de batterie et la montée en température sur des flottes de smartphones de toutes générations. Ce service offre des moyens de mesure aux éditeurs de logiciels qui embarquent de l’intelligence artificielle (IA) dans leurs applications.
"Nous savons depuis les années 2000 que le développement des data centers, d’autant plus avec l’intelligence artificielle, va poser des problèmes avec une consommation énergétique énorme. Beaucoup plus que le développement du parc de véhicules électriques, dont les capacités d’approvisionnement en électricité avaient été très critiquées au début", souligne le dirigeant.
Responsabilité et souveraineté
En septembre, DRI a lancé une nouvelle solution relative à un autre cheval de bataille : "IA souveraine". L’enjeu est de garantir que les données d’utilisateurs ne fuitent pas via un logiciel par l’emploi de l’IA. Sa plateforme, qui fonctionne comme un guichet unique, propose aux clients un accès simplifié à une flotte d’IA : 80 modèles d’IA propriétaires et en open source sont exécutés exclusivement sur les infrastructures de DRI, en France. Outre le sien au Mans, le groupe s’appuie sur trois autres data centers déployés chez des partenaires à Nantes et Paris.
En phase d’investissements
DRI (acronyme de Digital Rural Informatique) sert partout en France des clients de toutes tailles, dont des collectivités ou agences publiques pour 60 %. Le groupe conduit un programme d’investissement de 500 000 euros sur deux ans, pour consolider son infrastructure d’hébergement et renforcer ses services SaaS. Le projet a été soutenu par France 2030. Le groupe espère également percevoir 300 000 euros de subventions du Feder, le Fonds européen de développement régional, avec l’appui de la Région Pays de la Loire, en 2026. "Le but est de nous accompagner dans la frugalité des IA", résume Régis Josso. "Si le sujet a un peu disparu des débats, il va forcément revenir au premier plan. On ne parviendra pas à répondre aux enjeux de cybersécurité, capacités énergétiques et face au réchauffement climatique en multipliant simplement de gros data centers."