C’est l’histoire d’un groupe indépendant qui, discrètement et à bonne allure, est en train de se frayer une jolie place dans le monde hôtelier du sud-est de la France. Dimacco, holding familiale basée à Aubagne et créée en 1992 par Didier Germain, un professionnel de l’immobilier, a beau être une jeune structure dans le secteur, sa progression est plutôt spectaculaire.
Des Ehpad aux hôtels
Son destin sur ce marché économique n’était pourtant pas totalement écrit d’avance. À l’origine, Dimacco, via le groupe Medeos, était spécialisé dans la santé des séniors avec 30 Ehpad et 15 résidences services à son actif. "Cette activité ne nous motivait pas car, nous les enfants, venions de l’hôtellerie-restauration. Elle a donc été vendue au groupe DomusVi en 2021. Nous voulions nous développer dans notre secteur de prédilection", confie le directeur général Olivier Germain qui a repris, au papa toujours président, les rênes opérationnelles de cette entreprise avec sa sœur, Céline Germain. La maman est également dans l’affaire.
Propriétaire des murs
Depuis 2022, le groupe Dimacco s’est constitué un patrimoine de huit établissements, tous en Région Sud (Carry-le-Rouet, Gréoux-les-Bains, Cassis…) sauf un au Cap Ferret en Gironde (le plus gros du groupe) ainsi que plusieurs restaurants qui y sont rattachés. Certains hôtels sont exploités sous une marque (Best Western, Campanile, Golden Tulip), d’autres non. Mais toutes les maisons sont indépendantes explique Olivier Germain. "La holding est propriétaire des murs et loue aux hôtels, avec des frais de sièges et de supports pour la gestion marketing, comptable, les finances, les ressources humaines, réalisés au siège par une équipe de 20 personnes", précise-t-il.
S’il est difficile de donner un chiffre d’affaires consolidé, au regard du fonctionnement du groupe en holding et de l’indépendance de chaque établissement, Olivier Germain concède qu’il serait compris "entre 20 et 30 millions d’euros". Et qu’environ 250 à 300 personnels travaillent sur les différents sites dans un marché qui se porte bien avec une clientèle tourisme et corporate. "Nous n’avons pas été impactés par le Covid car nous avons commencé après. Nous avons des hôtels qui fonctionnent très bien", assure-t-il.
Des ouvertures XXL
Dimacco s’apprête à grandir encore dans les prochains mois avec deux nouvelles ouvertures spectaculaires. L’une, le 1er août, à Aix-en-Provence : le Saint-Christophe sur la Rotonde, à côté de l’Apple Store, comptera 60 chambres et verra la réouverture de la brasserie Léopold, une institution locale créée en 1936. Il sera dirigé par Céline Germain. Le second projet est également de taille puisqu’il s’agira de l’emblématique Villa Valmer à Marseille, un cinq-étoiles de 46 chambres dans une bâtisse du XIXe siècle située au milieu d’un parc, le long de la Corniche. Ce projet négocié du temps du maire Jean-Claude Gaudin avait été remis en cause par l’édile actuel, Benoît Payan. Après procédures et négociations, il verra bien le jour confirme Olivier Germain : "les travaux reprendront en septembre pour une ouverture prévue au printemps 2027".
Une pause pour mieux repartir ?
Après ces deux nouveautés, le groupe provençal devrait marquer un temps d’arrêt dans son essor. "Les banques attendent un premier retour avant de nous accompagner sur les développements, on peut considérer que nous sommes rentables", souligne le directeur général. "Pour l’instant, on fait étape par étape, nous n’avons pas de vision à long terme sur un nombre de chambres ou d’établissements, ajoute-t-il. Si on continue sur cette lancée, il y aura un développement voulu."