Dans un contexte où les redressements judiciaires semblent plus nombreux que les levées de fonds, l’entreprise parisiano-vendéenne Anod a pris la bonne échappée. Elle vient d’obtenir 1,7 million d’euros du concours i-nov, financé par le programme étatique France 2030. "75 % de cette somme correspond à une subvention, et 25 % une avance remboursable", note Arnaud Malrin, fondateur et dirigeant de la start-up.
De la R & D pour d’autres besoins de mobilité
Ce financement est entièrement tourné vers un projet de R & D. Anod a déjà mis au point une technologie de vélo électrique hybride, capable de se recharger lors du freinage. Pour ce faire, le moteur se transforme en dynamo capable de générer de l’énergie. L’électricité est ensuite stockée par des supercondensateurs, qui la restituent lors du redémarrage. De plus, le vélo est équipé d’une petite batterie, capable de rentrer dans une poche de jeans et rechargeable par USB-C comme un smartphone.
"Cette première technologie est dédiée à une pratique de vélos urbains, pour aller au travail par exemple. Nos utilisateurs feront moins de 20 km par jour. Dans ce cas, la mini-batterie que nous avons mise au point suffit", relève Arnaud Malrin. L’objectif d’Anod, fondée en 2022, est aujourd’hui de travailler en parallèle sur d’autres champs de la mobilité, comme les vélos-cargos ou les déplacements de logistique à vélo, qui ont besoin d’une autonomie plus élevée. "Nous travaillons aussi à développer une chaîne de traction plus durable, et avec un système de stockage plus propre, en utilisant par exemple d’autres matériaux", pointe Arnaud Malrin.
Une production qui démarre
La start-up a implanté l’année dernière sa première usine à Fontenay-le-Comte, en Vendée. Le lancement de la production est prévu pour début 2025. "Nous démarrerons doucement, avec un peu plus de 1 000 vélos assemblés en 2025, puis une montée en cadence progressive pourra suivre", ajoute le dirigeant. La société, qui compte aujourd’hui 15 salariés, dont une dizaine sur son site vendéen, planifie quelques recrutements supplémentaires pour accompagner la mise en marche de l’usine. La distribution débutera en ligne principalement, puis dans un second temps via différents magasins partenaires.
Le coût des premiers mois de production sera en partie absorber par les opérations de précommandes. Cela n’empêche pas l’entreprise de planifier de lever des fonds dans les mois à venir pour soutenir cette montée en cadence. Et Arnaud Malrin compte bien sur la crédibilité apportée par France 2030 pour convaincre des investisseurs aujourd’hui plus réticents.