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Le développement des TPE et PME françaises mis au pas, selon CCI France
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Le développement des TPE et PME françaises mis au pas, selon CCI France

Surendettement, croissance française au plus bas, érosion des marges, incertitude politique… : les TPE PME tricolores sont en difficulté. Le président de CCI France dresse le bilan de l’année 2024 et les défis à relever pour 2025 pour les entreprises du territoire.

Pour Alain Di Crescenzo, président de CCI France, les TME et PME françaises traversent actuellement une passe difficile — Photo : Cyril Raineau

En ralentissement économique et crise politique, "nos TPE-PME sont en difficulté", constate Alain Di Crescenzo. Pour le président de CCI France, elles souffrent de trois maux.

TPE et PME souffrent de l’endettement

Première difficulté, l’endettement ou le surendettement depuis la période Covid. "Les entreprises françaises seraient parmi les plus endettées au monde rapporté au PIB du pays", assure Alain Di Crescenzo. Cela génère un "effet boule de neige", avec une incapacité pour ces entreprises à relever de la dette pour se développer. De fait, Alain Di Crescenzo défend la possibilité pour les chefs d’entreprise qui en éprouvent le besoin, d’étaler le remboursement de leur prêt garanti par l’État (PGE).

L’inflation a réduit les marges

Deuxième difficulté, la baisse des marges des entreprises suite à la période inflationniste. "La caractéristique de nos PME, c’est qu’elles n’ont pas le pricing power", rappelle le président de CCI France. C’est-à-dire qu’elles ne répercutent pas la hausse des coûts qu’elles subissent sur leurs prix. Pour compenser cette perte, les entreprises françaises, qui tirent l’essentiel de leurs ressources de l’économie régionale, n’ont pas pu miser sur la croissance nationale qui reste atone (1,1 % en 2024).

Les conséquences de la crise politique

Autre difficulté de taille pour ces entreprises, l’incertitude politique, qui a des impacts très forts sur les entreprises : 16 % des entrepreneurs disent subir déjà des impacts négatifs de ce flou politique et 58 % anticipent des impacts à venir. Ces entreprises mettent "le pied sur le frein sur des projets qu’elles auraient pu lancer". In fine, "quasiment 50 % de l’emploi en France serait impacté", évalue Alain Di Crescenzo.

La hausse des défaillances

Avec près de 66 500 entreprises défaillantes en 2024 (soit 28 % de hausse par rapport à 2019), le bilan des faillites en France atteint un niveau inédit depuis plus de 15 ans, selon les données de l’étude récente menée par BPCE L’Observatoire. "Si auparavant elles touchaient majoritairement les micro-entreprises, les défaillances touchent aujourd’hui les entreprises moyennes comme les grandes entreprises", s’inquiète Alain Di Crescenzo. De fait, elles menacent beaucoup plus d’emplois – 266 000 au total.

Moral en berne

Principale conséquence de cette conjoncture plus que morose, le moral des chefs d’entreprise est en berne. "L’indicateur d’optimisme des chefs d’entreprise n’est pas bon", avec 68 points en décembre, selon CCI France, contre 110 en moyenne depuis 2015. Si 59 % voient leur entreprise et les perspectives de leur entreprise de manière positive, 11 % des chefs d’entreprise seulement sont positifs sur leur perception de l’économie française. "On a atteint le minimum depuis 2015", note Alain Di Crescenzo.

Le défi de la transmission des entreprises

Au-delà de cet amoncellement de difficultés économiques, le président de CCI France rappelle les nombreux autres défis à relever pour les entreprises. Parmi eux, la transmission. Avec 700 000 entreprises à transmettre dans les cinq prochaines années, il faut faire du matching entre l’offre et la demande et trouver du financement. "On a un mur terrible qui peut se transformer par de la perte de compétences, du chômage et des no man’s land". Sur ce sujet, il faut éviter la fiscalité sur le capital et ne pas toucher au pacte Dutreil, prévient Alain Di Crescenzo.

Expérimentation en matière de recrutement

Autre cheval de bataille, le recrutement. Pour pallier les difficultés dans les métiers sous tension comme l’hôtellerie-restauration, il appelle de ses vœux au recrutement inclusif. Sur ce sujet, le réseau des CCI devrait expérimenter sur trois bassins d’emploi présentant un taux de chômage important le recrutement de prestataires du RSA ou de jeunes issus des lycées professionnels. "Ces derniers seront formés sur les soft skills et sur les métiers et accompagnés par un tuteur", détaille le président de CCI France.

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