La start-up est devenue une PME. Fabriquant et designer d’objets à partir de coquillages revalorisés (huîtres, moules, Saint-Jacques, etc.), Malàkio a changé de taille et veut changer de moule, si l’on ose dire. Dans son atelier nantais, l’entreprise conçoit à la main des objets de décoration, d’art de la table ou des luminaires. Bougeoirs, miroirs, plateaux, dessous de verre, patères ou appliques figurent ainsi parmi ses créations, auxquelles s’ajoutent des pièces de mobiliers (comptoir, plan de travail, etc.).
Et ça marche. "L’année 2025 est une année de forte croissance : nous visons autour de 500 000 euros de chiffre d’affaires, soit un doublement par rapport à 2024", explique Hugo Kermarrec, dirigeant associé de Malàkio et cofondateur de l’entreprise au côté de Morgan Guyader. L’entreprise compte désormais 11 personnes dont les deux dirigeants, un associé et environ 8 personnes en équivalent temps plein. Elle a multiplié par quatre sa capacité de production en un an : avec un doublement de la productivité par salarié et doublement de la taille d’équipe. "Cela a été possible grâce à un investissement dans une machine et à un travail d’optimisation des procédés (coulage, ponçage, finition, flux et stockage) conduit par l’équipe de l’atelier", explique Hugo Kermarrec.
Une levée de fonds d’un million d’euros
Pour soutenir cette dynamique, Malàkio prépare une levée de fonds d’environ 1 million d’euros à horizon 2026-2027 auprès de business angels et de fonds d’investissement, dont des acteurs régionaux. "Mais on veut rester sur une trajectoire solide : consolider nos bons résultats de 2025, calibrer précisément nos besoins (équipements, RH, commerce) et financer un vrai passage à l’échelle", poursuit Hugo Kermarrec. La société sort de deux exercices positifs et a déjà renforcé ses fonds propres début 2025 (environ 50 000 euros) en ouvrant son capital pour financer l’équipement, complétés par un soutien récent du Fonds de la métropole nantaise pour l’innovation dans le secteur du réemploi (56 000 euros).
Ambition de construire une nouvelle usine
Cette prochaine levée de fonds accompagne l’ambition de construire une nouvelle usine à horizon 2027-2028. Le futur bâtiment occupera une surface de 1 000 mètres carrés. Cette usine serait dimensionnée notamment pour la production en série (pour la marque Maison Malàkio) et sera dotée d’un espace de prototypage, d’un showroom et d’un lieu capable d’accueillir des ateliers et tables rondes autour de l’éco-conception. En attendant la nouvelle usine, l’entreprise ne reste pas les bras croisés.
Elle doublera sa surface dans les semaines qui viennent. De 300 m² aujourd'hui, elle ajoutera 220 à 240 m² supplémentaires avant la fin de l’année 2025.
Gouvernance renforcée et accueil de jeunes pousses
Autre signe de la croissance de la PME, la gouvernance s’est aussi structurée avec l’arrivée, en janvier dernier, d’un troisième associé, Thibault Longueville, entrepreneur aguerri, spécialiste de l’univers du mobilier, qui apporte ses compétences en RH, gestion et structuration.
Par ailleurs, Malàkio accueille chez elle une première jeune pousse portée par Hugo Kerbrat. Ce dernier propose un matériau à base d’algues. "Notre idée est de capitaliser sur l’expérience acquise par Malàkio pour aider des jeunes entreprises à accélérer, explique Hugo Kermarrec. Au-delà des coquillages, ou des algues, notre ambition est de proposer à nos clients un « archipel de solutions » pour la transition écologique du design". Cerise sur le gâteau : Malàkio entre au capital des jeunes pousses qu’elle accompagne.
Tous les canaux de vente sont ouverts
Côté marché, justement, Malàkio poursuit sa stratégie tout canal. D’un côté, Maison Malàkio irrigue le BtoB, le BtoC et le BtoBtoC via le site de vente en ligne. Ces produits s’adressent aussi bien à des revendeurs, à des concept-stores, des boutiques de musées, des hôtels ou des restaurants.
De l’autre, l’entreprise développe une offre de mobilier – sur catalogue ou sur-mesure – avec des distributeurs et prescripteurs : Haworth (entité européenne basée à Montaigu), Silvera, Résistub… En parallèle, elle réactive une offre de plans de travail et de comptoirs posés par un réseau de marbriers-agenceurs partenaires.
Malàkio revendique une offre large sur les prix. "Nous avons un positionnement haut de gamme, mais nous tenons à ce que certains objets soient à des prix accessibles, déclare Hugo Kermarrec. Nous avons gelé certains prix, voire baissé quelques-uns, pour que tout le monde ait un peu de Malàkio chez lui."