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Le Crédit Agricole en Bretagne va rentrer au capital d'exploitations agricoles pour faciliter leur transmission
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Le Crédit Agricole en Bretagne va rentrer au capital d'exploitations agricoles pour faciliter leur transmission

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L’agriculture est confrontée actuellement à un fort enjeu de transmission de ses exploitations. Le Crédit Agricole en Bretagne teste actuellement un nouveau dispositif pour favoriser leur reprise, à travers des prises de participation minoritaires au capital d’exploitations.

Le Crédit Agricole Bretagne a tenu une conférence de presse lors du Space 2024 à Rennes. De gauche à droite : Jean-Christophe Roubin (Crédit Agricole SA), Michèle Guibert (secrétaire générale de Crédit Agricole en Bretagne), Olivier Auffray (président de Crédit Agricole en Bretagne) et Christelle Doussineau (directrice cheffe de file du marché agriculture CA Bretagne) — Photo : Virginie Monvoisin

À l’occasion du Space, le salon international de l’élevage qui se tient à Rennes jusqu’au 19 septembre, le Crédit Agricole en Bretagne a fait le point sur les enjeux de la filière agricole et agroalimentaire. Parmi les préoccupations, celle de la transmission des exploitations est "un point de vigilance" à suivre selon Jean-Christophe Roubin, directeur du marché de l’agriculture de Crédit Agricole SA. "Il y a moins de cessions, moins de transmissions, moins d’achats de terres et de parts sociales en France", indique-t-il. "Au dernier recensement agricole, notre pays a perdu 100 000 exploitations ces dernières années", ajoute Christelle Doussineau, directrice cheffe de file du marché agriculture au Crédit Agricole en Bretagne.

Une première en France

Pour la banque régionale, accompagner la reprise et la transmission de ces entreprises est un axe de développement fort. Elle se lance pour cela dans une expérimentation. "Nous testons le portage de capital en agriculture. C’est une première en France pour une banque, annonce Olivier Auffray, président de Crédit Agricole en Bretagne. Il s’agit d’investir au capital des exploitations, toujours de manière à être minoritaire. Nous n’en prenons pas le contrôle." Un peu comme ce que propose la banque à ses clients de l’agroalimentaire. Le fait d'apporter du capital permet notamment à des jeunes d'avoir plus facilement accès à l'installation ou à la reprise d'une exploitation. "Cela complète nos autres dispositifs comme le prêt à taux zéro jusqu'à 50 000 euros sur quinze ans, que nous avons lancé pour les jeunes début 2024", poursuit le président.

38%

La Bretagne, première région d’élevage, a été retenue par le Crédit Agricole SA pour tester ce dispositif entre fin 2024 et 2025. Il sera notamment fléché en priorité vers les élevages de porcs et de volailles, dans lesquels les reprises et les installations sont trop peu nombreuses. "Pour 100 départs en retraite en production porcine, 31 installations ont lieu seulement, et pour 100 départs en volaille, seulement 57 installations. Nous devons passer à l’action !", estime Christelle Doussineau. D’autant qu’en Bretagne, sur 30 500 agriculteurs, 38 % ont plus de 55 ans. "Le portage en capital est une solution innovante qui participera à maintenir la ferme France compétitive, souveraine et responsable", estime Olivier Auffray.

Des investissements dans la transition énergétique

En plus d’œuvrer pour soutenir les installations, le Crédit Agricole en Bretagne compte poursuivre son accompagnement à l’attractivité des métiers de la filière et à l’investissement dans les outils de production. "Avoir un outil performant, économiquement et écologiquement, permet aussi de faciliter les transmissions à l’avenir", explique Michèle Guibert, secrétaire générale de Crédit Agricole en Bretagne. En 2023, les réalisations de prêts ont augmenté de 10,6 % dans la région, mais sur les six premiers mois de 2024, les filières d’élevage ont réduit leurs investissements de 7 %. C’est toutefois moindre qu’au niveau national (-14,3 %). "La préoccupation des éleveurs pour l’efficacité énergétique pousse les investissements. Les demandes pour des installations photovoltaïques et trackers solaires restent élevées. Elles ont progressé de 76 % ces deux dernières années", constate Michèle Guibert.

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