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Le collectif "Provence, Fabrique des Possibles" accentue la pression pour Fos-Berre
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Le collectif "Provence, Fabrique des Possibles" accentue la pression pour Fos-Berre

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Après une réunion en préfecture et avant le rapport du débat public sur l’avenir de Fos-Berre dans les Bouches-du-Rhône, le collectif "Provence, Fabrique des possibles", créé il y a un an, a rappelé l’urgence de décisions claires pour rassurer les porteurs de projets industriels.

Jen-Michel Diaz, président du Groupement Maritime et Industriel de Fos et région, Pascal Kuhn, président de l'UIMM Alpes-Méditerranée et Stéphane Bergamini, délégué général de France Chimie Méditerranée — Photo : Jean-Christophe Barla

Il n’a pas perdu de temps pour remonter au front. Le collectif "Provence, Fabrique des Possibles" qui regroupe plus d’une centaine d’industriels et organisations professionnelles s’est réuni le 3 septembre au sommet de la tour La Marseillaise à Marseille pour montrer qu’il entend voir, en cette rentrée, quelques pas encourageants s’accomplir dans la feuille de route pour la réindustrialisation et la décarbonation du golfe de Fos et du pourtour de l’étang de Berre.

Les tensions internationales accrues et l’instabilité politique nationale inquiètent ces acteurs régionaux quand des investisseurs espèrent un horizon clair pour confirmer leurs projets. "Nous sommes dans une période charnière, avec la présentation le 18 septembre par la CNDP (Commission nationale du débat public) du rapport du débat public qui nous a occupés d’avril à juillet. Nous avons déjà obtenu un premier succès avec un budget pour la desserte de Port-de-Bouc / Martigues. Le préfet devra prendre des décisions avant la fin de l’année", a souligné Pascal Kuhn, président de l’UIMM (Union des industries et métiers de la métallurgie) Alpes-Méditerranée. Délégué général de France Chimie Méditerranée, Stéphane Bergamini insiste en évoquant "une industrie chimique en pleine tempête, avec une production en baisse, des investissements gelés et 15 000 à 20 000 emplois sur la sellette en France. Si on laisse faire, tout un secteur vital pour la souveraineté industrielle, énergétique, nationale risque de s’effondrer".

Des priorités bien définies

Les revendications restent identiques au manifeste posé par "Provence, Fabrique des Possibles" : l’intégration des industriels à la gouvernance des opérations, la garantie de l’approvisionnement électrique avec la nouvelle ligne 400 KV entre le Gard et Fos-sur-Mer, l’amélioration des mobilités par les infrastructures nécessaires, la simplification et l’accélération des procédures d’autorisation, la construction de logements, la formation et l’emploi de la main-d’œuvre qui approvisionnera les entreprises…

"J’ai comptabilisé 48 projets, il faut absolument qu’ils aboutissent. C’est un enjeu pour les 80 ans qui viennent", martèle Jean-Michel Diaz, président du Groupement Maritime et Industriel de Fos et région (GMIF).

Bâtir des méthodes durables

Avec l’accompagnement du cabinet marseillais Stan, personne ne veut lâcher la pression. Directrice régionale Provence de Stan, Charlotte Gabarrot détaille les trois axes qui, jusqu’en 2026, vont structurer l’action collective : l’approfondissement de la prise de conscience des gouvernants et parlementaires nationaux et européens sur l’ampleur de ces défis simultanés, la poursuite de la co-construction des projets avec l’écosystème local, public et privé, et la valorisation continue de l’importance de l’industrie auprès du grand public. Pour rassurer tous ceux qui ont exprimé des craintes par rapport aux effets cumulés des usines, en termes de nuisances diverses, à la ressource en eau ou aux compensations écologiques, les études s’affinent, afin de mettre sur pied "une méthode applicable" dans la durée, selon Hervé Martel, président du directoire du Port de Marseille-Fos. Tous semblent déterminés à bâtir des conditions optimales pour l’accueil des projets. D’autant plus que, pour Jean-Luc Chauvin, président de la CCI Aix-Marseille-Provence, "il n’est pas certain que les opposants rentrent à la maison quand le préfet aura pris ses décisions".

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