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100 dirigeants d’entreprises lancent "Provence, Fabrique des Possibles"
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100 dirigeants d’entreprises lancent "Provence, Fabrique des Possibles"

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Au cours des 18 derniers mois, 31 projets d’implantation et de transformation industrielles représentant près de 20 milliards d’investissements ont été annoncés en Provence. Tout l’enjeu désormais est d’aller vite pour résoudre un certain nombre de défis. Pour que ces projets n’échappent pas au territoire, 100 dirigeants d’entreprises et organisations professionnelles se mobilisent, aux côtés des pouvoirs publics.

Jean-Michel Diaz, président du Groupement industriel et maritime de Fos, Hervé Martel, président du directoire du Port de Marseille Fos, Christine Baze, présidente d’Industries Méditerranée et Pascal Kuhn, président de l’UIMM Alpes Méditerranée ont lancé la démarche collective "Provence, Fabrique des Possibles" — Photo : Hélène Lascols

La démarche est présentée comme "inédite en France par l’ampleur et la diversité des personnalités et organisations impliquées." Baptisée "Provence, Fabrique des Possibles", elle est menée à l’initiative d’Industries Méditerranée, de l’UIMM Alpes-Méditerranée et du Groupement Maritime et Industriel de Fos (GMIF). Elle rassemble 100 dirigeants d’entreprises et organisations professionnelles de premier plan, de l’Aéroport Marseille Provence à l’aménageur Barjane, en passant par Daher, la CMA CGM, ou encore le groupe ADF, pour faire en sorte que les nombreux investissements industriels annoncés ces derniers mois n’échappent pas au territoire, la zone industrialo-portuaire de Marseille-Fos et le pourtour de l’étang de Berre pour l’essentiel.

20 milliards de projets d’investissements et des défis à relever

Car, au cours des 18 derniers mois, 31 projets d’implantation et de transformation industrielles représentant près de 20 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés en Provence. Ils sont présentés comme étant "indispensables" pour aider la région Paca à atteindre le net zéro carbone en 2040.

Mais ils nécessitent un certain nombre de prérequis pour qu’ils soient définitivement actés. Et les protagonistes l’assument, ils mènent une démarche de lobbying visant à sanctuariser des financements nationaux et à promouvoir le jeu collectif. Ils en appellent à l’État et aux collectivités pour identifier ensemble les solutions qui permettent de répondre aux défis qui se posent à la réussite de ces 31 projets : approvisionnement électrique, financement des projets et infrastructures, gouvernance concertée, recrutement et formation des 10 000 futurs collaborateurs.

Première étape : une structure commune

Les protagonistes de l’appel "Provence, Fabrique des Possibles", se félicitent que l’État ait nommé un commissaire en charge de l’industrialisation, en la personne de Régis Passerieux. "Mais il faut des moyens complémentaires, humains et financiers pour accélérer les procédures", confie Jean-Michel Diaz, président du GMIF. Pour ce dernier, "la tâche est titanesque. Si on ne fédère pas, on ne planifiera pas. Il faut un organe de gouvernance intégrant l’État, les collectivités territoriales, les acteurs industriels et économiques, les acteurs de la société civile, avec des outils administratifs pour agir vite. Il faut des actes concrets dans un délai court, puisque les investissements doivent être confirmés d’ici au milieu de l’année prochaine."

Pascal Kuhn, président de l’UIMM Alpes-Méditerranée n’hésite pas à faire le parallèle avec les Jeux Olympiques de Paris 2024, des jeux qui ont montré que "lorsque les gens se fédèrent autour d’une idée forte, on peut faire des miracles."

Deuxième étape : des garanties

Partant du postulat que tous ces projets sont "une chance incroyable", Pascal Kuhn appelle "des réponses certaines, des garanties."

Les 100 entreprises et organisations veulent s’assurer de la poursuite du soutien de l’État dans le financement de certains de ces projets dans le cadre du programme d’investissement France 2030. Ils souhaitent aussi voir s’accélérer le financement et la mise en œuvre d’infrastructures estimées à plus de 2 milliards d’euros, notamment en matière de transport. Il reste, par exemple, 52 millions d’euros à trouver pour financer le contournement Martigues Port-de-Bouc. Il faut 600 à 800 millions d’euros pour réaliser la liaison Fos-Salon.

Un territoire à la croisée des chemins

Ces réalisations, indispensables, permettront de conforter les atouts du territoire : un port, à la fois terre logistique et terre industrielle, des salariés plus nombreux qu’à l’échelle nationale (19 % versus 14 %) à travailler dans la haute technologie, un alignement politique en faveur de l’industrie et du "foncier, acceptable au plan environnemental et connecté aux infrastructures", souligne Hervé Martel, président du directoire du Grand Port Maritime de Marseille.

Pour Pascal Kuhn, président de l’UIMM Alpes-Méditerranée, l’équation est simple : "le territoire est à la croisée des chemins. Soit notre industrie arrive à se réinventer et renoue avec une croissance durable. Soit, elle ne le fait pas et elle perdra sa place, ses emplois, des emplois industriels pourtant indispensables au territoire car ils créent de la richesse."

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