Laurent Gomes : «Le nombre de devis est un vrai baromètre»

Laurent Gomes : «Le nombre de devis est un vrai baromètre»

Spécialiste du tableau électrique, Gnd automatismes s'est installée depuis juillet2007 sur la ZAC du Pollen à Eslettes. Laurent Gomes, l'un des associés de l'entreprise, a rapidement perçu les signes de la crise.



Comment identifiez-vous l'émergence de difficultés?


Dans notre secteur


, c'est simple, le thermomètre c'est le nombre de devis en terme d'affaires à prendre ou d'appels d'offres. On peut avoir des hauts et des bas, tant qu'il y a des affaires, ça reste positif. Le nombre de consultations est un vrai baromètre, lorsque celui-ci diminue, on sait que ce sera difficile dans les mois à venir. Bien sûr, le niveau des prix est un autre indicateur d'importance.
La concurrence joue-t-elle un rôle pour comprendre les situations difficiles?
Lorsque les grands
de notre domaine d'activité commencent à se battre sur des affaires de 20.000€, pour nous c'est inquiétant. C'est ce qui se passe en ce moment. Depuis le début d'année, notre profession est en difficulté. Les gros installateurs nationaux du secteur ont une puissance de frappe, des structures plus puissantes et peuvent attaquer les dossiers sous le seuil de rentabilité, juste pour rentrer des heures. Comme ils sont en train de finir de gros dossiers et qu'aujourd'hui tout est en stand-by, ils se rabattent sur les chantiers moyens voir ceux des artisans. Quand des boîtes comme Suez ou Vinci commencent à répondre à des petits chantiers, là, on a un vrai clignotant d'alerte!
Comment se profilent les indicateurs pour la suite?
Aujourd'hui, je travaille au coup par coup
, nous faisons l'INSA et finissons la CRAM de Rouen
. Pour le reste les prévisions sont mauvaises mais j'ai réussi à stabiliser l'activité à fin mars. Les gros dossiers parisiens sortent comme celui de Jussieu mais face à la crise l'installateur à décider de diviser en deux le dossier pour donner du travail à deux entreprises, chose qui d'habitude n'arrive jamais sur un budget de 800.000€! Je n'avais jamais rencontré une telle crise. J'ai des fournisseurs qui me tirent sur la manche, en me disant qu'il leur manque 50.000€ pour finir le mois: c'est exceptionnel. Dernier point important, nous avons l'habitude de travailler avec une vingtaine d'intérimaires en temps normal, à présent nous n'en utilisons plus que deux ou trois.

S.C

Contact: 02.35.74.09.16