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Lauréat I-Lab, le nantais Geogems développe une méthode pour démystifier l’origine des pierres précieuses
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Lauréat I-Lab, le nantais Geogems développe une méthode pour démystifier l’origine des pierres précieuses

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Fondée en 2022, l’entreprise nantaise Geogems développe une nouvelle méthode pour identifier l’origine des pierres précieuses, dont les chemins entre les mines et les bijouteries sont parfois obscurs. Lauréate i-Lab de France 2030 le mois dernier, elle souhaite lever 1,5 million d’euros pour boucler le développement de cette méthode d’analyse, et la commercialiser en 2028.

L’équipe de Geogems, actuellement à l’incubateur de l’IMT Atlantique, cherche de nouveaux locaux plus proches du centre-ville nantais — Photo : Benjamin Robert

Dix fois plus cher pour… la même chose ! Deux rubis, identiques en tous points, peuvent avoir un prix multiplié ou divisé par dix en fonction de leur provenance. "Les pierres précieuses qui viennent par exemple de Birmanie, soit de l’ancienne route de la soie, ont en général plus de valeur. Le luxe est un milieu très traditionaliste et conservateur : il y a l’idée préconçue que ces pierres sont de meilleure qualité", expose Lauriane Pinsault, présidente et cofondatrice de Geogems. Or, aujourd’hui, définir leur provenance dépend de méthodes statistiques, en fonction des caractéristiques géochimiques des pierres. "À partir de ces méthodes, les laboratoires fournissent des opinions d’expert sur l’origine, qui peuvent varier d’un laboratoire à l’autre", assure la présidente. Des vendeurs peuvent ainsi demander des certificats à plusieurs laboratoires et prendre le mieux-disant. Lauriane Pinsault a ainsi fondé Geogems en 2022 avec deux autres associés afin de définir une nouvelle méthode pour identifier l’origine de ces pierres précieuses. L’entreprise, qui compte six personnes, a été lauréate i-Lab de France 2030 le mois dernier, lui octroyant 370 000 euros.

1,5 million d’euros pour atteindre la commercialisation

Dans un premier temps, Geogems va se focaliser sur les corindons, un type de minéral incluant les saphirs et les rubis. Pour déceler leur origine, l’entreprise va dater les pierres en analysant la présence d’éléments présents en infime quantité et gardés confidentiels. Cette datation est reliée à l’âge de formation des mines, et permet d’être précis dans l’origine des pierres. "Le prix i-Lab va nous permettre de créer une base de données avec des échantillons dont la provenance est certaine", ajoute Lauriane Pinsault. Accompagné par Atlanpole et le réseau Entreprendre Atlantique, Geogems souhaite lever 1,5 million d’euros pour boucler le développement de cette méthode d’analyse, et la commercialiser en 2028. "Nous travaillons avec les maisons de luxe : leurs clients attendent ces informations de manière fiable. Notre méthode se destinera aux pierres qui valent un prix à cinq chiffres au moins", poursuit l'entrepreneuse.

"Les chemins entre la mine et les bijouteries sont parfois obscurs, et notre méthode pourrait apporter plus de transparence"

Dans un second temps, la méthode pourra être étendue aux diamants, dont 30 % de la production mondiale provient de Russie. "Aujourd’hui, il est complexe de mettre en place des sanctions sur certains pays pour cause de guerre ou de conditions de travail, car on ne sait pas déterminer avec fiabilité l’origine d’un diamant. Les chemins entre la mine et les bijouteries sont parfois obscurs, et notre méthode pourrait apporter plus de transparence", appuie Lauriane Pinsault.

Création d’une formation diplômante

Au-delà de ce projet de recherche, Geogems développe également une branche de conseils, qui s’adresse aux particuliers qui veulent en savoir plus sur leurs bijoux de famille, ou aux professionnels en quête d’informations sur une pierre précieuse. En parallèle, elle propose des formations, de quelques heures à trois semaines. "En septembre 2026, nous lancerons une nouvelle formation, d’une durée de cinq à six mois, qui débouchera sur un diplôme. Elle s’adressera autant aux étudiants, qu’aux assureurs, bijoutiers, ou encore commissaires-priseurs", énumère Lauriane Pinsault. Basée au sein de l’incubateur de l’IMT Atlantique, Geogems cherche de nouveaux locaux, plus grands, pour accueillir ces futures promotions. Et cette fois-ci, le lieu cherché est déjà connu : ce sera proche du centre-ville nantais.

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