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L'atelier de joaillerie très haut de gamme Oteline injecte 1,2 million d'euros dans son développement
Rhône # Artisanat

L'atelier de joaillerie très haut de gamme Oteline injecte 1,2 million d'euros dans son développement

Un atelier indépendant basé à Rilleux-la-Pape vient d'investir dans un nouvel établissement. Objectif : doubler son chiffre d'affaires sous cinq ans.

Qui pourrait imaginer que de somptueuses boucles d'oreilles portées par Ivanka Trump, fille du futur président américain, ont été façonnées de A à Z dans cet atelier de joaillerie de Rillieux-la-Pape ?
Cette EURL est détenue à 100 % -via la holding financière familiale- par le couple Chantal et Tony Maquaire. Elle est joaillière de métier, lui exerçait ses talents d'ingénieur comme manager de supply-chain au sein du groupe Kering (ex-PPR). Désormais, ils signent les plus belles créations de joaillerie du monde pour des donneurs d'ordres et clients finaux qui doivent rester absolument secrets.

« Nous ne travaillons qu'en pièce unique, décrit Tony Maquaire. Les bijoux qui sortent de nos ateliers se vendent très cher, presque comme un objet de spéculation ou un investissement patrimonial ». Et d'expliquer que celles qui portent ces oeuvres figurent en une des magazines people du monde entier. « Le risque auquel nous sommes exposés : que nous prenions la grosse tête au regard de ce que facturent nos clients, qui mettent des mois à convaincre les milliardaires d'acheter leur création et dépensent énormément pour les suivre aux quatre coins du monde ». L'entreprise née en 2010 surfe, au sein d'un marché du luxe en perte de vitesse, sur de très belles perspectives. En 2015, Oteline a doublé son chiffre d'affaires, réalisé à 75 % à l'international.

Transport de fonds

En août dernier, les dirigeants ont acquis via deux emprunts bancaires et un prêt de Bpifrance un nouveau bâtiment de 1.000 m² utlra sécurisé. Investissement : 1,2 million d'euros. Ici se trouvent des capteurs volumétriques, des détecteurs laser sur les toits, d'autres sur fenêtres. Chaque porte de l'entreprise s'ouvre avec un badge et les salariés n'ont pas accès à toutes les portes. « De même que nous avons, comme dans les banques, une sortie sécurisée pour permettre à nos transporteurs de fonds de récupérer les bijoux » indique le gérant.

Dans ce nouveau local inauguré fin novembre, les époux Maquaire envisagent d'héberger d'autres entreprises de joaillerie, pour faire un "hub" de la filière. Ils visent aussi le marché, moins noble, des productions répétitives. En ligne de mire, un doublement de leur vente d'ici 5 ans. Avec le maintien du même résultat d'exploitation, largement positif.

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