Jacques Montano,
président de la Chambre des métiers et de l'artisanat du Var.
Nicolas Sarkozy a annoncé des mesures concrètes pour l'apprentissage. Quelle est votre position?
Le président a en effet annoncé plusieurs mesures: une révision du mode de financement de l'apprentissage, une amélioration de l'orientation des jeunes vers l'apprentissage et la reconnaissance d'une nécessaire égalité de traitement entre apprentis et étudiants. Ces propos et l'engagement de l'État à hauteur de 500M€ sont l'aboutissement de plusieurs années d'efforts.
Quelle va être la provenance de ces financements?
Une grande partie de ces financements proviendra de la réforme de la taxe d'apprentissage. Depuis plusieurs années, cette taxe a été détournée de sa destination première, notamment parce que bon nombre de chefs d'entreprises ne décident pas de son affectation. Avec la réforme, entre 60 et 90M€ supplémentaires pourraient être dégagés chaque année pour accompagner la montée en charge du nombre d'apprentis. La Chambre des métiers du Var gère 7 établissements de formation, en lien direct avec les chefs d'entreprises pour que les enseignements soient une réponse adaptée aux besoins du marché du travail. Ces formations doivent avoir le soutien de l'État car elles débouchent dans la majorité des cas sur une insertion dans la vie active réussie.
L'objectif est de passer de 600.000 à 800.000 jeunes en apprentissage... Ambitieux, non?
Non, car il s'agit de l'avenir de nos jeunes. Mais en effet, il faudra lever un certain nombre d'obstacles. Modernisation des CFA, création d'hébergements, soutien aux PME qui s'engagent dans l'alternance sont des mesures indispensables. Je souhaite aussi une simplification des procédures liées à l'alternance. Enfin, nous devons intensifier notre communication vers les jeunes et leurs parents pour montrer que l'apprentissage est une vraie voie de réussite.
- TROIS QUESTIONS À