Face aux besoins grandissants des industriels cherchant des filières de recyclage de l’aluminium, la start-up aixoise Euralox (5 salariés, CA 2023 : 1,5 M€) a conçu un procédé recyclant les déchets à haute teneur en alumine (matière première principale pour la fabrication d’aluminium). Alors qu’elle finalisera cette phase de R & D en début d’année 2025, elle porte déjà un projet d’usine pour industrialiser le process et faire naître une nouvelle filière en France. "Nous apportons une solution doublement stratégique. Elle débouchera sur un produit économique et bas carbone, car recyclé. Et elle fonctionnera en local, ce qui limitera nos besoins en bauxite (elle-même nécessaire à la fabrication de l’alumine, NDLR), qu’on importe depuis la restructuration des filières françaises de production", resitue Jean-Yves Bréban, président et fondateur d’Euralox.
Un savoir-faire de formulateur
Euralox a trouvé, avec l’appui de la Région Occitanie et d’Alès Agglomération, un foncier de 1,5 hectare à La Grand-Combe, près d’Alès (Gard). Après le dépôt du permis de construire en juin 2025, elle lancera le chantier d’une usine de 4 700 m2 dédiée au traitement des matériaux contenant de l’alumine. Positionnée comme un formulateur de produits recyclés, la start-up réceptionnera d’abord ces matériaux sous forme de produits inertes (poudres ou solides), avant de leur appliquer plusieurs opérations mécaniques et thermiques pour supprimer l’humidité.
Ensuite, elle reformulera et produira une poudre destinée à divers clients industriels, dans l’aéronautique, la cosmétique ou le luxe. "Notre savoir-faire est basé sur la formulation : nous pouvons réaliser des mélanges en répondant au cahier des charges d’un client", précise Jean-Yves Bréban. À l’ouverture, l’usine produira 5 000 tonnes de poudre par an, avant d’atteindre les 10 000 tonnes dans les 4 ans.
Une usine automatisée
Le budget de l’opération, d’un montant de 8 millions d’euros, est en cours de montage financier. Il vise d’abord à bâtir un site de production (2 500 m2) et un espace de stockage (1 500 m2). Les besoins en personnels seront réduits, Euralox ne tablant que sur une dizaine d’embauches. "Notre usine sera automatisée et, par ailleurs, nous continuerons à travailler en sous-traitance dans la région", justifie le dirigeant. Ce dernier ajoute que l’usine sera conçue pour réduire au maximum son empreinte environnementale, égrenant ses caractéristiques. "Nous ne consommerons pas d’eau. Nous n’utiliserons pas de produits chimiques. Nous ne générerons aucun déchet ultime, et le peu de déchets que nous produirons sera recyclé. Enfin, nous serons autonomes en énergie en équipant le site de panneaux photovoltaïques".
Un process appelé à évoluer
Par ailleurs, le site disposera d’une unité de R & D, car Euralox entend bien sûr poursuivre dans cette voie. Depuis sa création en 2013, la start-up a perfectionné sa technologie en collaborant avec des consultants et des laboratoires de pointe. Après la livraison de l’usine, elle prévoit de travailler avec les écoles d’ingénieurs occitanes, dont l’IMT Mines Alès, afin d’intensifier son process de recyclage lui-même. "Au démarrage, l’usine fonctionnera avec des procédés connus, sans technologies disruptives. Mais nous travaillons déjà sur une nouvelle approche, plus sophistiquée, qui permettra de séparer plusieurs minéraux afin de mieux valoriser notre production", annonce Jean-Yves Bréban. Cette évolution nécessitera une autre ligne de fabrication, dans une extension de site déjà prévue dans les plans de l’usine. Son installation n’est pas prévue avant 2030.