La démarche est inédite pour l’entreprise. Ouest Alu, la filiale du groupe vendéen Liebot spécialisée dans la fabrication et la pose de façades en aluminium, va faire ses premiers pas à l’export. "Depuis un an, nous subissons une baisse drastique du marché immobilier en France qui impacte nos volumes d’activité. C’est pourquoi, nous avons décidé de partir à la conquête de nouveaux marchés à l’international, en commençant par les pays frontaliers de la France, comme la Suisse, la Belgique, Monaco…", explique Loïc Soria, directeur général de Ouest Alu. Dans un second temps, l’ETI des Herbiers (400 salariés, 100 M€ de CA) pourrait également cibler des marchés de l’autre côté de la Méditerranée.
Une usine sur le continent africain ?
"Je reviens d’un voyage prospectif au Maroc. J’ai découvert beaucoup de constructions neuves, du foncier disponible et des aides à la construction. La Coupe du monde de football 2030 génère beaucoup de dossiers. Comme les besoins et les modes constructifs sont différents, nous réfléchissons à une base locale pour nous développer au Maroc et, plus largement en Afrique, en adéquation avec la stratégie du groupe Liébot : une usine, un pays", complète le dirigeant.
Cette internationalisation de l’entreprise a pour pendant son attachement au Made in France. "Nous sommes Labellisé Origine France Garantie et Service France Garanti. Nous sommes également attachés à notre ancrage local : 90 % de ses sous-traitants sont implantés dans les Pays de la Loire autour des Herbiers", indique Loïc Soria.
Davantage de service
Venu du monde du service, en l’occurrence l’ascensoriste Otis, ce dernier souhaite également faire évoluer Ouest Alu vers une industrie incluant davantage de services. Dans cet esprit, ont été lancés des contrats de maintenance digitalisés permettant de piloter la maintenance et les petits travaux de réparation sur les façades en aluminium et les ouvrants. Créé il y a cinq ans, Ouest Alu Services a vu son chiffre d’affaires passer d’un million d’euros à 5, 5 millions d’euros sur la période et devrait continuer à croître avec le développement de nouveaux services. "Appuyés sur nos compétences de concepteur-fabricant, la puissance de notre bureau d’études et l’apprentissage du travail en milieu occupé, nous sommes prêts à passer à l’étape suivante : le démontage de petits ouvrages", avance Loïc Soria.
Des façades bas carbone
Cette offre globale allant de la pose de façades recyclées au démontage des anciennes façades, en intégrant la maintenance et le recyclage, s’inscrit dans une boucle d’économie circulaire dont l’usine Coralium et l’offre Cyclium constituent les deux maillons forts. Pour mémoire, le groupe Liébot a investi 30 millions d’euros, aux côtés de Fineiral, dans une fonderie d’aluminium recyclé Coralium. D’une capacité de 40 000 tonnes de billettes (cylindres de matière première destinés à l’extrusion, NDLR) par an à terme, elle a produit, en juin 2025, sa première coulée d’aluminium bas carbone. L’objectif est de réduire les émissions de CO2 à moins de deux tonnes pour une tonne de billettes produites, contre une moyenne européenne de 5,5 tonnes. "Avec notre offre Cyclium, nous proposons de démonter et recycler les éléments des anciennes façades — l’aluminium via Coralium, les vitrages via nos partenaires verriers-, puis d’écoconcevoir et de poser des façades bas carbone répondant aux exigences de la RE2020 et du décret tertiaire, en matière de performances énergétiques et environnementales", expose Loïc Soria. Ouest Alu a ainsi mené plusieurs chantiers écoresponsables comme le 89 Grande Armée à Paris dont la nouvelle façade a été conçue à partir de 50 tonnes d’aluminium bas carbone.
Amortir les coûts avec la massification
"Le déploiement de cette chaîne de valeur, qui contient beaucoup d’innovation, représente un investissement important. Nous allons amortir les coûts avec la massification qui nous permettra d’être compétitifs d’ici une dizaine d’années. À ce terme, Cyclium constituera notre offre de base", souligne Loïc Soria. "Tout cela n’est valable que si l’ensemble de la filière de la construction joue le jeu. L’aluminium issu du bâtiment doit rester dans la filière, et ne pas servir à fabriquer des canettes ou d’autres produits, pour pouvoir tracer l’aluminium recyclé et proposer à nos clients des offres compétitives et vertueuses d’aluminium recyclé", pointe le dirigeant.
Dans cette perspective, Ouest Alu va s’inscrire sur la taxonomie européenne qui classifie les activités économiques ayant un impact favorable sur l’environnement.