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L'activité économique dans le Grand Est est plus "résistante" et "résiliente" que la moyenne nationale
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L'activité économique dans le Grand Est est plus "résistante" et "résiliente" que la moyenne nationale

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Les chiffres d’affaires trimestriels et le nombre de défaillances des entreprises du Grand Est témoignent d’une économie régionale résistante, malgré des disparités dans ses dynamiques sectorielles.

Catherine Hanssen est la présidente de l’Ordre des experts-comptables du Grand Est — Photo : Ordre des experts-comptables Grand Est

L’indice ICA (le chiffre d’affaires trimestriel) des entreprises du Grand Est a progressé de 0,4 % au troisième trimestre 2025 (de juillet à septembre), par rapport à l’année précédente. Une hausse portée par la Haute-Marne, la Marne et les Vosges et qui intervient après trois trimestres de baisses consécutifs : depuis début 2025, les entreprises de la Région enregistrent en effet une diminution de 0,4 % de leur chiffre d’affaires. En comparaison, l’indice ICA des entreprises a diminué de 0,3 % en France, au troisième trimestre 2025.

Une économie régionale "résistante"

"Nous sommes un territoire plutôt résilient par rapport au reste de la France. Nous observons un contexte tendu, mais notre économie est résistante et absorbe mieux le choc conjoncturel", note Catherine Hanssen, présidente de l’Ordre des experts-comptables du Grand Est. Ce dernier totalise près de 1 500 experts-comptables et de sociétés d’expertise comptables inscrits dans la Région. Les conclusions de l’organisme s’appuient sur les données consolidées des déclarations de TVA des 41 000 PME et TPE du Grand Est, sur des études Altares sur les défaillances et sur des statistiques du CNAJMJ (Conseil national des administrateurs judiciaires et des mandateurs judiciaires).

Des disparités dans les dynamiques sectorielles

"Les indicateurs régionaux confirment une tension structurelle sur les petites entreprises, mais aussi une capacité d’adaptation notoire dans plusieurs filières", évalue Catherine Hanssen. Depuis début 2025, le commerce d’habillement spécialisé enregistre une baisse de 5,6 % de son chiffre d’affaires cumulé, contre -4 % pour la restauration traditionnelle, -2,7 % pour l’hôtellerie et les hébergements, -1,7 % pour la restauration rapide, -2,1 % pour la construction et -1,7 % pour la coiffure. "Il y a une baisse du pouvoir d’achat : les ménages épargnent aujourd’hui de l’ordre de 18 %", explique Catherine Hanssen.

À l’inverse, le chiffre d’affaires cumulé du secteur boulangerie-pâtisserie augmente de 0,2 % sur la même période, tout comme celui des bouchers et traiteurs (+ 1,6 %), de la pharmacie (+ 4,8 %) et de l’optique (+ 1,8 %). La hausse la plus importante est enregistrée par les activités d’intermédiations immobilières (+ 11,6 %).

Des défaillances en recul

La Région Grand Est totalise 907 défaillances au 3e trimestre 2025, en recul de 0,4 % par rapport à l’année précédente. En comparaison, la tendance nationale affiche une hausse de 5,2 % des procédures collectives. "Depuis 2024, il y a un report des défaillances qui n’ont pas eu lieu pendant les années Covid. Suite à ces années, beaucoup d’entreprises se sont créées. Souvent, à leur troisième année, les sociétés ont parfois tendance à être en défaillance. Ces chiffres témoignent de la conjonction de ces deux phénomènes", note Catherine Hanssen. Dans le Grand Est, le repli des défaillances est principalement porté par l’Alsace et la Meurthe-et-Moselle.

"Il ne faut pas que cette résilience se transforme en un report sur 2026. Nous avons tous besoin d’un cap clair : à partir du moment où les entreprises ne sont pas sereines, elles sont dans un attentisme et ne prennent pas de décisions, n’engagent pas d’investissements. Nous espérons que le projet de loi de finances de 2026 nous donne des indications plus claires", anticipe la dirigeante.

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