Dans un département où le taux de chômage à fin 2015 restait à 10,6%, malgré un léger mieux par rapport à l'année précédente, Sophia Antipolis fait partie des bassins d'emplois toujours dynamiques. Les derniers chiffres n'ont pas encore été publiés, mais les voyants restent au vert et les entreprises sur la technopole continuent à recruter. Cette résilience n'est pas nouvelle, elle s'inscrit au contraire dans une tendance lourde depuis la fin des années 90. C'est ce qui ressort d'une étude que vient de publier l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) à la demande de la Communauté d'agglomération de Sophia Antipolis. Ses chercheurs ont étudié « la dynamique économique du pôle de Sophia Antipolis sur la période 1997-2011 au travers d'une analyse de la démographie d'entreprises, des spécialisations sectorielles, de l'innovation, de l'emploi/capital humain et des comportements d'exportation ». La démarche suivie visait à comparer la technopole à d'autres territoires en France présentant des spécificités similaires comme Grenoble, Toulouse, Montpellier, Strasbourg... Il ressort des conclusions de l'étude que la stratégie sectorielle axée sur un développement autour des TIC a été porteuse alors que l'on constate un fléchissement du pôle chimie/pharmacie qui n'a pas tenu ses ambitions. « L'efficience productive et l'ouverture sur l'international » ont été et restent des atouts.
Un marché du travail dynamique
Mais la technopole se différencie de ses concurrents avec une nette longueur d'avance sur le terrain de l'emploi et du capital humain. Sophia Club Entreprises met régulièrement en avant le bassin de compétences du parc, l'OFCE lui donne raison. Il suffit de suivre l'évolution de la courbe de l'emploi lors de deux grandes crises économiques internationales, celle des dot.com en 2001 et celle, financière puis économique, de 2008 : Sophia Antipolis a mieux résisté que les autres territoires avec un fléchissement moins marqué et surtout une reprise plus rapide sur le terrain de l'emploi. Les plans sociaux, qui ces dernières années ont secoué le tissu économique azuréen, sont aussi révélateurs. Lorsque Texas Instruments a fermé son site à Villeneuve-Loubet, 66% des 340 salariés reclassés l'ont été dans des entreprises sophipolitaines. De même, la technopole a absorbé l'impact des départs ou réduction d'effectifs d'entreprises comme Samsung, Wipro, HP, ASK ou encore Nvidia. Les équipes ont été intégrées dans d'autres entreprises du territoire comme Amadeus ou Intel, des start-up prometteuses comme RivieraWaves et Wildmoka, dont les effectifs dépassent déjà la vingtaine de personnes, ont été créées. De 2012 à 2014, ce sont 3 215 emplois supplémentaires (+10,2%) qui ont été créés sur la technopole dont 2 388 pour le seul secteur des TIC (+17,8%). Près de 35 000 personnes, tous secteurs confondus, travaillaient à fin 2014 sur Sophia Antipolis où l'on attend dans les prochaines semaines plusieurs nouvelles implantations qui devraient confirmer la vitalité du bassin d'emplois et son attractivité.