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La start-up strasbourgeoise P-layer veut accélérer le développement de son vitrage photovoltaïque
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La start-up strasbourgeoise P-layer veut accélérer le développement de son vitrage photovoltaïque

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Incubée chez SEMIA, P-layer développe un vitrage photosensible capable de s’opacifier en une seconde et de générer de l’énergie photovoltaïque. Issue d’un projet de recherche collaborative entre l’ICube strasbourgeois et l’université de Southampton, la start-up est en train de lever 300 000 euros pour accélérer le prototypage et consolider des partenariats industriels.

L’équipe de P-layer : O. Ibraikulov, scientifique R & D ; T. Heiser, professeur à l’Université de Strasbourg et coinventeur ; S. Fall, CEO et fondateur ; Y. Lin, maître de conférences à l’Université de Strasbourg, détaché chez P-layer — Photo : Copyright P-layer.

De la construction à l’automobile en passant par l’agriculture ou le militaire, les applications de la technologie de vitrage dynamique développée par la start-up strasbourgeoise pourraient à terme balayer un spectre large. "Notre technologie a permis de développer un vitrage intelligent inédit. Passif et contrôlable, il combine en un seul dispositif des couches photovoltaïques et des cristaux liquides", explique Sadiara Fall, le fondateur de P-layer.

Le principe, sur le papier, est simple : la technologie développée par la start-up strasbourgeoise a la capacité d’opacifier un vitrage (mais peut aussi s’adapter au polycarbonate, au PET, PMMA, NDLR) en une seconde et de produire dans le même temps de l’énergie photovoltaïque. Grâce à un interrupteur, l’utilisateur pourra choisir le confort thermique et visuel le plus adapté tout en délimitant la zone sur laquelle il souhaite intervenir.

L’objectif est de concentrer la technologie dans un simple film à poser

Si la technologie P-layer permet de délivrer 1 800 kW pour 50 m2 - un rendement moindre à celui d’un panneau solaire donc - "la solution, appliquée à la construction par exemple, aura l’avantage de permettre l’économie de 40 % de consommation électrique en termes de chauffage, climatisation, utilisation de lumière grâce à l’opacification", précise le fondateur. Les matériaux sont par ailleurs développés par voie soluble à basse température et sans métaux. "À terme, nous espérons concentrer notre technologie sur un simple film que nous pourrons appliquer sur tous les supports transparents", abonde Sadiara Fall.

Issue d’un projet de recherche collaborative entre le laboratoire ICube de Strasbourg sous l’égide du CNRS, et l’Université de Southampton (UK) entamé en 2013, la technologie repose sur la combinaison des cristaux liquides et des semi-conducteurs organiques dans un seul dispositif. Elle a rapidement convaincu la SATT Conectus qui lui a apporté son soutien dès 2017 et l’a soutenue financièrement à hauteur de près de 500 000 euros. L’accompagnement de la société d’accélération du transfert de technologies a permis de déposer un brevet en 2018, dont le CNRS est le détenteur, et à la start-up de se structurer. Elle a d’ailleurs été retenue tout récemment par le CNRS pour intégrer son programme RISE d’accompagnement aux start-up. Deux brevets devraient être déposés en 2024.

Un marché estimé à 360 milliards de dollars à horizon 2029

P-layer est désormais en phase de levée de fonds auprès de business Angels et d’investisseurs. Une levée modeste, de l’ordre de 300 000 euros, qui doit lui permettre de doper sa démarche commerciale et d’accélérer le prototypage. "Nous souhaitons atteindre le TRL 6 ou 7 (le TRL mesure le niveau de maturité technologique d’un procédé, NDLR) et consolider les partenariats technologiques existants. Nous pourrons procéder dans un second temps à une levée correspondant à notre objectif de pré-industrialisation dès 2028", précise le fondateur.

Le marché du vitrage photovoltaïque devrait atteindre 359 milliards de dollars d’ici 2029, dont 12 milliards pour le seul marché français.

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