Sur le marché foisonnant des acteurs photovoltaïques, la jeune pousse lyonnaise Faradae (25 salariés) compte bien se faire une place au soleil avec un business model nouveau fondé sur l’autoconsommation directe. Après avoir levé 65 millions d’euros de fonds propres en 2023, elle compte équiper 300 sites par an dès 2027.
Faradae conçoit, finance et exploite des centrales photovoltaïques installées sur les toits des immeubles et des petits parkings. Elle peut également y ajouter des équipements visant à mieux consommer l’énergie produite (batteries, réseaux internes, bornes de recharge électrique, etc.). Jusque-là, rien de révolutionnaire.
Un marché encore inexploité
Mais contrairement au modèle dominant dans le secteur qui veut que l’électricité soit injectée sur le réseau, le système mis en place par Faradae vise à alimenter directement le site.
"Notre solution permet d’équiper des toitures de taille modeste, comme un toit d’immeuble mesurant entre 500 et 700 m²", explique Thomas Lawson, président et cofondateur de l’entreprise. Un marché "énorme", puisque la majorité des bâtiments de ce format ne sont pas équipés souvent pour des raisons contractuelles et juridiques.
Trouver des solutions juridiques attractives pour tous les acteurs
L’entreprise a dû imaginer un cadre juridique sécurisant pour toutes les parties prenantes. "Notre force repose principalement sur une approche juridique pour faire converger les intérêts des propriétaires, des locataires et parfois des organismes de crédit-bail", explique-t-il. Aux promoteurs immobiliers, submergés par les règles et les coûts, Faradae apporte un kit juridique et technique, qui leur permet de se mettre en conformité avec leurs obligations réglementaires et de réduire leur consommation énergétique.
En pratique, Faradae finance les installations pour les propriétaires fonciers tandis que l’utilisateur qui est souvent locataire lui verse une redevance annuelle qui lui permet d’amortir son investissement. "Une redevance qui restera inférieure aux tarifs pratiqués par les autres producteurs", précise-t-il.
Empreinte énergétique réduite de 30 %
À ce jour, Faradae exploite 10 sites dont des ombrières de parking dans le Rhône à Dommartin (pour une puissance installée de 292 kWc), une résidence Vinci de 72 logements à Amiens (70 kWc). L’entreprise a aussi conclu un partenariat avec Odynéo, un réseau de 35 établissements pour les personnes en situation handicap. "Cette collaboration permet à Odynéo de réduire son empreinte énergétique de plus de 30 %", indique Thomas Lawson, dont l’entreprise vient d’inaugurer une solution de stockage de l’énergie sur batteries sur le site d’Odyneo Les Terrasses, à Lentilly dans la banlieue de Lyon.
"Plus largement, notre modèle s’adresse aux propriétaires et aux locataires de locaux tertiaires, aux établissements de santé ainsi qu’aux collectivités locales", ajoute-t-il. Thomas Lawson escompte que son modèle en autoconsommation permettra de verdir les parcs immobiliers, un atout en cas de projet de cession, et de responsabiliser les occupants du bâtiment. "Notre démarche a une dimension sociétale car à travers l’autonomie énergétique, nous voulons faire évoluer les comportements".
Le soutien d’un fonds américain
Ce modèle nouveau n’a pas séduit les investisseurs français, en particulier les banques, en général plutôt enclines à financer les acteurs du photovoltaïque dont les investissements sont sécurisés par le rachat de l’électricité par l’État. Dans le cas de Faradae, il aurait fallu faire confiance à ses clients. C’est pourquoi la jeune pousse a dû se tourner vers le fonds américain True Green Capital lors de sa levée de fonds exclusivement réalisée en fonds propres en 2023.