À 34 ans, David Nicolas, ancien dirigeant de Fabster, start-up en hypercroissance dans le domaine de la publicité vidéo, décide de changer de vie. Ébranlé par des expériences personnelles et passionné par la nutrition et les sports d’endurance, il s’engage dans une quête : retrouver une alimentation capable de combler les carences en micronutriments essentiels à la santé, à l’énergie et à la clarté mentale. Son constat : les produits ultra-transformés et les compléments alimentaires ne répondent pas aux besoins fondamentaux du corps humain. Il décide alors d’élaborer un steak haché riche en vitamines et en minéraux.
Un steak haché enrichi au foie et au cœur de bœuf
L’idée fondatrice naît d’une étude révélant la densité nutritionnelle exceptionnelle des abats. "En 2024, je suis tombé sur une étude : 7 grammes de foie de bœuf couvrent nos besoins quotidiens en micronutriments, là où il faudrait manger plus d’un kilogramme de légumes pour le même résultat. C’était une révélation. J’ai voulu en faire manger à ma femme, mais elle n’a même pas voulu y goûter. C’est alors que j’ai eu une idée…", déclare David Nicolas, fondateur de Féroce. Pour contourner le rejet de ces produits par les consommateurs, il imagine un steak haché enrichi à 15 % de foie et de 5 % de cœur de bœuf. En juillet 2024, à Lugrin en Haute-Savoie, il crée la SAS Féroce. Le succès est immédiat. Les premiers tests se vendent en quelques jours et Féroce prend son envol.
Une filière 100 % herbe et 15 fermes partenaires
L’un des principaux défis de Féroce réside dans l’approvisionnement. L’entreprise impose aux éleveurs un cahier des charges strict : élevages nourris exclusivement à l’herbe, sans OGM, sans pesticides ni antibiotiques mais avec des pratiques régénératives.
Aujourd’hui, la jeune pousse travaille avec 15 fermes partenaires, principalement en Normandie, et produit environ 7 tonnes de viande par mois. "Chaque produit est traçable : un QR code sur l’emballage permet d’accéder aux résultats d’analyses en laboratoire, aux interviews des éleveurs et aux informations environnementales", déclare David Nicolas. Audité par Planet Score, Féroce figure dans le top 1 % des viandes les plus vertueuses sur plus de 200 000 références.
En quelques mois, Féroce a développé une gamme diversifiée : hachés et boulettes enrichis en abats, pièces bouchères, bouillons d’os, huiles riches en polyphénols ou encore herbes sauvages. L’entreprise affiche déjà 170 000 euros de chiffre d’affaires mensuel et vise un prévisionnel annuel de 2,5 millions d’euros en 2025. Son objectif à long terme : atteindre 50 millions d’euros en 2029. Après une première levée de fonds de 150 000 euros auprès de business angels, Féroce prévoit de nouveaux tours de tables, en s’appuyant sur le crowdfunding et les financements privés.
Distribution directe et ancrage territorial
La start-up a choisi un modèle direct-to-consumer : ses produits sont vendus exclusivement en ligne et livrés surgelés à domicile. Avec six salariés et de nouveaux recrutements en cours, Féroce construit pas à pas son organisation pour accompagner sa croissance. Si l’export reste une possibilité à long terme, l’entreprise veut d’abord s’imposer comme un acteur majeur de la transition alimentaire en France.