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La solitude des dirigeants de PME-ETI est de plus en plus forte
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La solitude des dirigeants de PME-ETI est de plus en plus forte

Une enquête de Bpifrance Le Lab montre que les dirigeantes et dirigeants d’entreprises en France souffrent d’isolement et s’interrogent sur le sens de leur engagement. Dans un contexte marqué par les crises économiques à répétition et l’instabilité politique.

49 % des dirigeant.e.s d’entreprise se déclarent isolé.e.s, — Photo : ©thodonal - stock.adobe.com

Une réalité faite de succès exaltants, mais également de solitude et de doutes. Voilà le tableau du quotidien d’un dirigeant d’entreprise que dresse Bpifrance le Lab dans une étude consacrée à la solitude des dirigeants de PME-ETI en France. Intitulée "les nouveaux visages de la solitude des dirigeants de PME", elle compile les informations apportées par plus de 900 personnes interrogées entre février et avril 2026, auxquelles s’ajoutent 35 interviews réalisées avec des dirigeants et des experts.

49 %

La première édition de cette enquête avait été publiée en 2016. À l’époque, elle dessinait un vécu sans doute moins exaltant que l’on pouvait s’y attendre. Dix ans ont passé, les crises économiques se sont succédé et la solitude des dirigeants est devenue "un fait entrepreneurial qui persiste et se renforce" note la banque publique d’investissement dans un communiqué. Si en 2016 un total de 45 % des dirigeants se déclaraient isolés, en 2026, ce pourcentage est en hausse, à 49 %, et son intensité augmente, la part de celles et ceux qui se disent " très isolés " passant de 11 % à 18 %.

Un destin qui leur échappe

Les racines du mal demeurent : un statut qui isole, une complexité réglementaire et administrative redoutable, auxquels s’ajoute "l’incertitude économique, énergétique, politique et géopolitique, qui vient profondément transformer la fonction des dirigeants, souligne Bpifrance. Eux qui avaient choisi la voie entrepreneuriale pour maîtriser leur destin professionnel se retrouvent aujourd’hui confrontés à un environnement qui leur échappe. Ils ne pilotent plus. Ils subissent et s’adaptent".

Une santé mentale qui se dégrade

Pour 65 % des dirigeants interrogés cette solitude est "un stress lié à la charge mentale" note l’étude, qui s’accompagne d’une fatigue entrepreneuriale et d’une crise de sens. "À quoi bon ? " est l’interrogation qui semble résumer le mieux les doutes de trois dirigeants de PME-ETI sur quatre quant au sens de leur engagement. Des doutes qui s’accompagnent bien souvent d’une dégradation de leur santé mentale (38 % de ceux qui doutent déclarent une mauvaise santé mentale contre 17 % pour l’ensemble).

Une solitude qui demeure à toutes les étapes de la vie de l’entreprise

Contrairement à certaines idées reçues, la solitude des hommes et femmes occupant une fonction de dirigeant ne s’exprime pas uniquement lors de la création de l’entreprise, mais aussi et surtout dans les phases de développement. Si 30 % des personnes interrogées se déclarent souvent ou toujours seules lors de la création, elles sont 42 % à se dire seules au moment de préparer la transmission. Et si la solitude culmine dans les moments difficiles (58 % de dirigeants souvent ou toujours seuls), elle ne disparaît pas pour autant avec le succès (le chiffre s’élève alors à 25 %).

Une solidarité collective

Toute cette solitude forge un sentiment d’appartenance à un collectif, fondé sur des valeurs communes (proximité, ancrage territorial…) et qui s’exprime par une critique partagée des normes et des charges, et l’affirmation que l’on est invisible dans le débat public, face aux "grands patrons" davantage médiatisés. Conséquence, une moindre participation aux organisations patronales (19 % en 2026 contre 28 % en 2016), "dans un contexte où ces instances peinent à mobiliser" constate Bpifrance.

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