À quelques jours des grandes vacances, c’est une page importante du tourisme social français qui se tourne sans se refermer.
À la barre du Tribunal des activités économiques de Paris, l’Office National des Auberges de Jeunesse (ONAJ), association loi 1901 basée à Lyon, reprend les activités de la Fédération unie des auberges de jeunesse (FUAJ), fédération historique créée il y a soixante-dix ans. Derrière l’ONAJ, le projet de reprise est porté par un groupement constitué de Fac-Habitat et de Logifac (GSE), deux structures lyonnaises spécialisées dans le logement étudiant et fédérées par la mutuelle étudiante Smerra (180 M€ de CA en 2025 ; 450 salariés).
36 auberges et 288 emplois sauvegardés
L’opération permet de préserver la quasi-totalité du réseau français. Au total, 36 auberges de jeunesse sur 40 sont reprises, dont deux établissements directement par leurs directeurs respectifs, à l’Île de Groix (Morbihan) et au Mont-Dore (Puy-de-Dôme). Plus de 4 200 lits sont maintenus, ainsi que 288 emplois sur les 301 que comptait la FUAJ. L’investissement global s’élève à 10,62 millions d’euros, financés sur fonds propres.
Pour Lionel Lérissel, président du groupe SMERRA et de l’ONAJ, l’enjeu dépasse la simple sauvegarde d’activités touristiques. "Nous ne pouvions pas laisser se déliter soixante-dix ans d’histoire des auberges de jeunesse et du tourisme social", souligne-t-il. L’ambition affichée est de préserver la diversité des établissements et leur mission d’accueil de publics variés : étudiants, familles, groupes scolaires, randonneurs ou touristes internationaux.
Neuf auberges reprises en Auvergne-Rhône-Alpes
La région Auvergne-Rhône-Alpes occupe une place importante dans ce dispositif. Neuf auberges de jeunesse y sont concernées par la reprise : Annecy (Haute-Savoie), Brides-les-Bains (Savoie), Chamonix-Mont-Blanc (Haute-Savoie), Chamrousse (Isère), Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Grenoble Échirolles (Isère), La Clusaz (Haute-Savoie), Le Mont-Dore (Puy-de-Dôme) et Valmeinier (Savoie). Ensemble, elles représentent 949 lits et 53 salariés.
À court terme, la priorité de l’ONAJ est d’assurer la saison estivale qui sera aussi une période test de remise en route de la vieille dame du tourisme social. Sous la direction générale de Samuel Collaudin, "les équipes doivent garantir la continuité de l’accueil dans les établissements et rassurer partenaires, collectivités et voyageurs", indique un communiqué.