La Semmaris soumet son projet de plateforme agroalimentaire à 550 M€ à enquête publique
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La Semmaris soumet son projet de plateforme agroalimentaire à 550 M€ à enquête publique

La Semmaris, société gestionnaire du marché de Rungis, a réalisé 162,6 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2025. Elle a lancé le 2 novembre une enquête publique pour son projet Agoralim à Goussainville (Val-d'Oise). Cette future plateforme de 44,5 hectares s'inscrit dans un programme global d'investissements évalué à 550 millions d'euros.

— Photo : Davide Locatelli / Pexels - Photo d'illustration.

Le projet vise à renforcer la distribution alimentaire dans le nord de l'Île-de-France et à structurer les filières agricoles et agroalimentaires régionales. La démarche en cours vise à obtenir une déclaration d'utilité publique, sans valoir d'autorisation de construire.

Un programme de 120 000 à 130 000 mètres carrés

La procédure prévoit une déclaration d'utilité publique et la mise en compatibilité du schéma de cohérence territoriale de Roissy Pays de France et du plan local d'urbanisme de Goussainville. L'Établissement public foncier d'Île-de-France (EPFIF) est chargé de la maîtrise foncière, tandis que la Semmaris porte le projet. Le programme prévoit la construction de 120 000 à 130 000 mètres carrés de surface de plancher. Cet aménagement comprendra huit bâtiments logistiques, quatre ateliers de transformation alimentaire et une Agora des producteurs. Cet espace doit notamment permettre aux agriculteurs de commercialiser, stocker et préparer leurs commandes. Environ 1 500 emplois directs sont annoncés.

La concession de la société gestionnaire a été prolongée jusqu'en 2068 afin de lui permettre d'amortir les investissements nécessaires à Rungis et à Agoralim. Un décret d'avril 2026 prévoit une enveloppe de 550 millions d'euros pour l'ensemble du programme. Sur le seul périmètre de Goussainville, les études et travaux étaient évalués en 2025 à 300 millions d'euros, hors honoraires de maîtrise d'œuvre, taxes, foncier et ouvrage routier. Ces postes supplémentaires représentaient alors une enveloppe estimée à 100 millions d'euros.

Des emprises foncières élargies

Les dimensions de l'infrastructure ont évolué au fil des études pour atteindre finalement 44,5 hectares, contre 37,8 hectares initialement. Deux extensions successives ont permis d'intégrer les terrains nécessaires aux dessertes routières et une parcelle supplémentaire dans le prolongement du futur accès. Le périmètre inclut 2,35 hectares sur la commune voisine de Roissy-en-France pour organiser ces dessertes.

Le dossier d'évaluation environnementale chiffre à 25,01 hectares les espaces naturels, agricoles et forestiers consommés en extension urbaine. Sur les 44,5 hectares du périmètre, 17,34 hectares sont déjà artificialisés selon le mode d'occupation des sols, auxquels s'ajoutent 2,15 hectares de surfaces routières. Les espaces concernés par l'extension urbaine sont principalement des espaces agricoles périurbains.

Dans son avis du 26 août 2026, la Mission régionale d'autorité environnementale (MRAe) pointe des lacunes dans l'évaluation des onze sites étudiés. L'instance estime que leur comparaison manque de rigueur, notamment en raison de l'absence de cartographie des emplacements et d'une prise en compte insuffisante des critères environnementaux. Elle recommande également d'explorer des configurations plus compactes, en augmentant notamment la hauteur des bâtiments, afin de limiter l'emprise au sol.

Des enjeux environnementaux et routiers

L'exploitation du complexe devrait engendrer le passage d'environ 2 250 véhicules supplémentaires par jour, dont 26 % de poids lourds et 30 % de véhicules utilitaires légers. Un nouvel accès depuis la route départementale 317 doit permettre de canaliser ce trafic, principalement celui des poids lourds, sans le reporter dans les quartiers habités.

L'autorité environnementale relève toutefois que certaines parcelles, représentant environ 20 % du site, n'ont pas pu être visitées. Elle souligne également un manque de précision sur les consommations d'eau et d'énergie, les rejets industriels et les émissions de gaz à effet de serre. Elle recommande de compléter l'étude d'impact avant le démarrage des travaux.

Un calendrier encore incertain

Le calendrier de mise en œuvre présente par ailleurs des écarts entre les différents documents. La Semmaris annonce sur son site un début des travaux d'aménagement en 2027 et une première livraison en 2029. L'étude d'impact de mai 2026 prévoit, quant à elle, un démarrage des travaux au troisième trimestre 2028 et un achèvement au premier semestre 2037. Les documents consultés n'articulent pas clairement ces échéances.

L'enquête publique aidera le préfet à statuer sur la déclaration d'utilité publique à l'issue de sa clôture, le 4 décembre. Une autorisation environnementale, couvrant notamment les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) et la loi sur l'eau, restera ensuite nécessaire pour concrétiser le projet.

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