La Boussole des Héros, baromètre annuel lancé par GENEO Capital Entrepreneur en 2025, sonde les dirigeants d’ETI françaises sur leurs choix stratégiques. Cette deuxième édition repose sur les réponses de 132 dirigeants, alors que la première avait interrogé soixante dirigeants d’ETI.
Les ETI privilégient la croissance organique
Les résultats, communiqués le 4 novembre, reposent sur des réponses recueillies du 4 mai au 19 juin 2026. Le communiqué décrit l’échantillon comme représentatif des dirigeants d’ETI françaises et relie la pression sur les marges ou les coûts au contexte géopolitique.
KPMG relève que les dirigeants d’ETI arbitrent davantage. « Leur enjeu est de savoir où investir, où accélérer, parfois où renoncer, tout en gardant la maîtrise de leur trajectoire », précise Vincent Broyé, associé et directeur exécutif du Marché ETI de KPMG France.
La croissance organique est le premier moteur de développement de 71 % des ETI interrogées, via de nouvelles offres, l’innovation ou le développement commercial. La croissance externe est citée comme moteur principal de développement futur par une ETI interrogée sur quatre.
Six ETI interrogées sur dix ont une activité ou une stratégie internationale. Dans ce groupe, 57 % veulent accélérer leur développement sur de nouveaux marchés, par l’export ou par des implantations supplémentaires.
GENEO relève que les entreprises de sa communauté, interrogées séparément, se montrent plus tournées vers l’expansion. Chez elles, 42 % placent la croissance externe en tête et 63 % veulent accélérer à l’international.
L’IA suscite l’intérêt des ETI, mais reste peu déployée
Les équipes constituent le premier poste d’investissement de 63 % des ETI interrogées, qui privilégient la formation, la montée en compétences et les embauches. Le numérique, la data et les systèmes d’information arrivent en deuxième position (46 %), devant la cybersécurité (40 %) et l’IA, l’automatisation et la robotisation (38 %).
Près de huit dirigeants sur dix jugent le risque cyber important, voire critique. Le communiqué y voit une progression de la maturité des entreprises sur ce sujet.
Le déploiement de l’intelligence artificielle reste encore limité. Si plus des trois quarts des ETI interrogées réfléchissent à son utilisation ou ont lancé un projet, seules 13 % l’ont déployée dans plusieurs métiers ou processus.
Les entreprises de la communauté GENEO accordent davantage de place au numérique et à la cybersécurité. Elles sont 68 % à citer le numérique, la data et les systèmes d’information parmi leurs priorités d’investissement, et 47 % à considérer le risque cyber comme critique, contre 24 % dans l’échantillon global.
Les dirigeants attendent surtout de la visibilité
Les dirigeants d’ETI attendent d’abord des pouvoirs publics des règles fiscales stables et une visibilité à moyen terme (65 %). Sur le plan réglementaire, 63 % réclament une simplification administrative et 47 % des normes plus stables et plus lisibles. Par ailleurs, 54 % demandent une réduction des charges et des impôts de production.
Le soutien au financement des investissements est cité par 39 % des ETI, tandis que 35 % souhaitent bénéficier d’une énergie compétitive. Concernant les aides publiques, les avis sont partagés : 48 % des dirigeants se disent satisfaits et 44 % insatisfaits.
Fanny Letier, cofondatrice de GENEO Capital Entrepreneur, estime que les attentes des ETI portent davantage sur la stabilité et la visibilité que sur les aides publiques.