Le vieillissement des dirigeants de TPE, PME et ETI pose la question du maintien de l’emploi, des compétences et de l’activité dans les territoires. Or les cessions effectives restent sensiblement inférieures au potentiel identifié par les études récentes.
Ateliers et entretiens individuels pour les repreneurs
Organisé par la CCI d’Ille-et-Vilaine, le CCRE35 et la CMA Bretagne, le salon proposera des ateliers et des entretiens individuels destinés aux porteurs de projet de reprise. Ils pourront y rencontrer des professionnels de l’accompagnement, des financeurs et des cédants. Selon l’organisateur, les candidats doivent y situer chaque phase d’une reprise, repérer les financements et dispositifs d’appui, puis nouer des contacts.
La rencontre cédants-repreneurs se déroulera sur la place centrale du salon, avec deux intervenants annoncés. Isabelle Granger est conseillère transmission-reprise PME à la CCI d’Ille-et-Vilaine. Emmanuel de Nanteuil y participera comme repreneur, au titre du CCRE35. Cette session est présentée comme un temps d’échange où chacun pourra poser ses questions et amorcer des contacts.
Entreprendre dans l’Ouest entend ainsi placer la reprise sur le même plan que la création pour accéder à l’entrepreneuriat.
Des cessions inférieures au potentiel estimé
Bpifrance Le Lab évalue à 370 000 le nombre de TPE, PME et ETI susceptibles d’être transmises d’ici 2030, avec près de trois millions d’emplois concernés. Son étude, publiée en novembre 2025, s’appuie sur une enquête auprès d’environ 5 000 dirigeants. Quatre dirigeants sur dix disent envisager de passer la main d’ici cinq ans.
Les cessions effectivement conclues sont nettement moins nombreuses. BPCE L’Observatoire estime à 36 500 le nombre d’entreprises cédées en 2025 et anticipe une légère hausse en 2026, à près de 37 000. Il évalue à 74 000 le potentiel annuel de cessions. L’organisme relève aussi que la part des dirigeants seniors de PME-ETI est passée de 17,4 % en 2010 à 27,6 % en 2025.
En Bretagne, la CCI Bretagne recensait en mars 2022 un peu plus de 34 000 entreprises hors microentreprises concernées par un enjeu de transmission à moins de dix ans. Le ministère de l’Économie a par ailleurs érigé la transmission-reprise en grande cause économique nationale en 2026, avec un plan baptisé Objectif Reprises.
Financement et anticipation, deux freins identifiés
Selon Bpifrance Le Lab, le financement constitue le principal obstacle à la reprise. Trois repreneurs sur dix disent avoir eu du mal à réunir les fonds, une part qui monte à 44 % chez les anciens salariés.
Côté cédants, la préservation de l’activité et des emplois arrive en tête des critères de choix d’un repreneur, pour 48 % des personnes interrogées. Viennent ensuite ses qualités humaines, citées par 40 %, puis ses compétences, par 38 %.
BPCE L’Observatoire distingue de son côté des freins psychologiques, comme une cession insuffisamment préparée ou une entreprise trop dépendante de son dirigeant. Il cite aussi des freins techniques et financiers, liés notamment à la dégradation de l’activité économique et à la hausse des taux d’intérêt.