La filière aquatique, un moteur oublié de l’économie des Hauts-de-France ? La Région entend en tout cas la remettre en pleine lumière, en la dotant d’une marque collective, Hissez Hauts. L’occasion de rappeler que derrière les usines et les champs de betterave, les Hauts-de-France occupent une place centrale dans l’économie maritime nationale. Et qu’elle veut s’imposer comme un acteur incontournable de la filière des produits aquatiques en France.
Au travers d’Hissez Hauts, pêcheurs, aquaculteurs, transformateurs, et distributeurs régionaux veulent valoriser leurs entreprises et leurs savoir-faire, et s’engagent pour une filière parfaitement intégrée et maîtrisée, garantie de qualité et de fraîcheur pour le consommateur.
Une identité maritime forte
Annoncée dans le cadre des Assises de la pêche et des produits de la mer, à Boulogne-sur-Mer, les 18 et 19 septembre, cette nouvelle marque veut donc rendre aux Hauts-de-France leur identité maritime. Chiffres à l’appui : la région compte 210 km de littoral et trois ports majeurs (Boulogne-sur-Mer, Calais, Dunkerque). Boulogne-sur-Mer est le 1er port de pêche français en tonnage avec 33 000 tonnes de poissons débarqués en 2024 par les navires régionaux, et 340 000 tonnes de produits sont transformées annuellement dans la région, qui compte 350 entreprises actives dans la pêche, l’aquaculture, le mareyage et la transformation. L’aquaculture est particulièrement développée dans la région, qui compte 30 entreprises d’aquaculture, réparties sur 47 sites régionaux : la région est la 2e piscicole avec 10 000 tonnes de truites, bars et daurades. Enfin, sont dénombrés 415 pêcheurs à pied professionnels, dont 331 titulaires de licence coque. Le secteur représente 5 000 emplois à Capécure et 6 500 emplois (pêcheurs, aquaculteurs et entreprises de transformation) dans les Hauts-de-France.
« L’objectif est de renforcer le lien naturel entre la Région Hauts-de-France, la mer, les produits de la mer et le savoir-faire de nos entreprises. La Région possède un magnifique littoral, c’est une grande région de pêche, le 1er port de pêche de France est d’ailleurs situé en région : Boulogne-sur-
Mer. Nos entreprises de pêche, de mareyage, de salaison… possèdent un savoir-faire hors pair et proposent des produits de grande qualité. La marque collective régionale permettra d’identifier ces produits", se félicite Aymeric Chrzan, secrétaire général du Mareyage boulonnais, dans un communiqué.
8 à 10 millions d’euros débloqués
Le lancement de la marque traduit aussi la volonté d’accompagnement de la Région. Il s’inscrit dans un plan d’actions régional, déployé sur la période 2023 - 2027, pour accompagner la montée en puissance de la filière des produits aquatiques en Hauts-de-France.
Avec trois grandes priorités : une meilleure valorisation des produits aquatiques régionaux, la promotion de labels de qualité, et le renforcement de la présence des produits régionaux en restauration collective. L’encouragement de l’innovation au service de la transition, via l’expérimentation de solutions pour réduire l’empreinte carbone (biocarburants, énergies renouvelables, emballages durables), la valorisation des coproduits, le soutien à l’aquaponie, à l’algoculture et aux projets innovants. Le renforcement de l’attractivité des métiers et l’accompagnement des entreprises, par le financement de formations et des actions ciblées pour améliorer l’image des métiers auprès des jeunes et faciliter l’installation de nouveaux professionnels.
Pour atteindre ces objectifs, la Région débloque des fonds : 8 à 10 millions d’euros d’investissements, grâce au soutien des fonds européens FEAMPA (2021-2027). Est également créé, un guichet régional dédié à l’innovation, pour accompagner les projets les plus prometteurs. Sont annoncés enfin, des appels à projets, un appui à l’investissement et des mesures pour simplifier l’accès à l’aquaculture.