L'Insee de Haute-Normandie et les agences d'urbanisme de Rouen, LeHavre, Caen, Seine Aval et d'Ile-de-France se sont penchés sur le berceau de l'Axe Seine pour faire un état des lieux de la réalité économique de ce territoire. Un territoire «constitué», estime Alain Malmartel, le directeur régional de l'Institut qui représente «3% de la superficie nationale, 10millions d'habitants et 1/5e de l'activité économique de la France!» Un panorama derrière lequel on sent tout le poids de la région Capitale, en termes de spécificité des emplois comme de répartition des activités: les services (santé, tourisme...) et les secteurs de pointe en amont et l'industrie et la logistique en aval. La faute à la «désindustrialisation de la partie amont» de la Seine qu'illustre parfaitement le déploiement de Renault depuis sa base arrière historique de Boulogne-Billancourt vers Flins en 1952, Cléon en 1958 et enfin Sandouville en 1965.
Une relation donneur d'ordre/sous-traitant?
Si «toutes les fonctions économiques sont représentées sur le territoire», il affiche aussi certains particularismes, tel le poids de la logistique et de ses 140.000 emplois (20% du total national); 8.500 sont purement portuaires et près de 20.000 aéroportuaires (essentiellement en Ile-de-France). La logistique terrestre se taille, elle, la part du lion avec 66.000 emplois. Au final, la métropole havraise représente 12% du total des emplois en France dans ce secteur et se place au 2e rang derrière Saint-Denis! En creux, l'étude pointe «l'éloignement physique entre les fonctions de production et de décision», estime Juliette Duszinski de l'AURH (agence d'urbanisme duHavre). «Le système n'est pas efficace, le tertiaire en amont et l'aval dans une relation donneur d'ordre/sous-traitant qui n'est pas propice au développement économique et surtout contraire à ce que l'on observe dans d'autre pays et notamment au Benelux». Mais vu de Paris, «la délocalisation des activités ne se décrète pas», rappelle Florian Soulard (IAU-IDF), pas persuadé que l'Ile-de-France «aie envie de déconcentrer ses activités tertiaires», fût-ce au profit de ses partenaires séquaniens.