Après deux années de convalescence, le laboratoire azuréen Arkopharma retrouve des couleurs. Passé sous le giron du fonds Montagu en 2014, celui qui se revendique comme le leader européen des médicaments de phytothérapie et des compléments alimentaires semble avoir trouvé la bonne posologie pour sortir du rouge. Il faut dire que le diagnostic d'alors était préoccupant. Si le pronostic vital n'était certes pas engagé, « l'entreprise perdait des parts de marché depuis 2009, et son niveau de rentabilité figurait parmi les plus mauvais du secteur ce qui impactait ses capacités d'investissement », explique son président Jacques Chevallet. Or, on le sait, une entreprise qui n'investit pas est une entreprise qui se meurt. Alors, aux grands maux, les grands remèdes, et en premier lieu celui qui vise à rétablir la profitabilité de l'entreprise.
Chantre de la médecine naturelle
Pour cela, il s'agissait d'abord de « repositionner l'entreprise, en clarifiant sa mission, à savoir faire de la médecine naturelle, la médecine de demain avec des solutions utilisant des actifs ou excipients exclusivement issus de la nature ». Un créneau peu exploité par la concurrence qu'Arkopharma souhaite occuper sur trois marchés phares : le stress et le sommeil, les troubles articulaires et les vitamines et minéraux. Ce positionnement, accompagné par une nouvelle structure de marque, s'est traduit d'un côté par la rationalisation du portefeuille produit entraînant l'arrêt de certaines branches comme celle de la dermo-cosmétique. De l'autre, par la relance de l'innovation, « un des points forts d'Arkopharma depuis sa création en 1980 », matérialisée par le récent lancement de trois nouveaux produits. Parmi eux, DuoFlash qui utilise une technologie brevetée combinant l'effet flash des huiles essentielles et celui prolongé des plantes, et ce dans une seule et même gélule.
Capitaliser sur le made in France
Parallèlement, l'activité industrielle a totalement été repensée. « Dans le domaine de la santé, la qualité et la confiance dans le produit sont des éléments clés. C'est pourquoi nous avons décidé de capitaliser sur le produire en France en fermant nos usines irlandaise et italienne pour rapatrier l'ensemble de la production sur Carros et en faire un site d'excellence ». Quelque 17 millions d'euros ont ainsi été investis ces quinze derniers mois, dont 60 % dédié à l'outil industriel. L'accent a été mis sur l'automatisation des tâches, l'amélioration des flux de circulation des marchandises et des opérateurs, la diminution de la pénibilité et celle des consommations d'énergie.
Pousser l'export
Tout cela, bien sûr, pour accentuer les positions d'Arkopharma en France, où l'organisation commerciale a elle aussi été revue afin d'être « plus en phase avec l'évolution de la structure du réseau officinal ». Mais également à l'export, qui représente 45 % de son chiffre d'affaires. D'abord, en consolidant son empreinte européenne. L'acquisition en novembre dernier de la société portugaise Distrifa, distributeur exclusif d'Arkopharma depuis quinze ans, va dans ce sens. Puis, en développant l'implantation du groupe, déjà présent dans 60 pays à travers sept filiales, en Asie et au Moyen-Orient. Résultat : Arkopharma « n'est désormais plus une entreprise en situation de perte. Elle a même recommencé à redistribuer de la participation », assure son président qui après une année 2016 « de transition », avec un chiffre d'affaires stagnant autour de 207 millions d'euros, entend bien renouer avec la croissance. Le laboratoire vise une progression de ses facturations de 9 % en 2017. Avec en ligne de mire, une ambition : « Faire de l'ETI Arkopharma un champion européen de la médecine naturelle. »