L'Europe veut protéger les cyberacheteurs et encourager les échanges transfrontaliers. Plutôt louable comme intention. Reste à savoir par quels moyens elle compte y parvenir. Et c'est là que le bât blesse. Les parlementaires européens ont concocté des mesures qui ont de quoi provoquer le courroux des e-commerçants. Tout d'abord le droit de rétractation, qui passerait de sept à quatorze jours voire à un an si le consommateur n'a pas été mis au courant de ce droit! Pour les biens dont le prix d'achat dépasse 40€, les frais de retours seront à la charge du vendeur, peu importe le pays de livraison. Enfin, gardons le meilleur pour la fin, l'e-commerçant est encouragé à se rendre accessible à tous les cyberacheteurs de l'Union européenne, c'est-à-dire à traduire son site en 25 langues, à accepter 7 monnaies et 27 protocoles de livraison. Des coûts et des charges qui risquent de fragiliser sérieusement les TPE du secteur. En Midi-Pyrénées, ces dernières sont sur le pied de guerre depuis fin mars. Un groupe spontané «Touche pas à ma e-boutique» a été lancé sur Facebook et une pétition sera remise au Parlement européen, à Éric Besson et à Nicolas Sarkozy. La Mêlée a prévu de se rendre à Bruxelles, courant mai. Quant à Didier Cujives, président de Midi-Pyrénées Europe, représentation de la Région à Bruxelles, il compte bien utiliser le lobbying pour faire bouger les lignes. Et si l'Europe avait quand même le dernier mot? Dans ce cas, de nombreux petits e-commerçants pourraient se voir obligés de mettre la clé sous la porte.
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