La marque mythique renaît en Normandie
# Biens de consommation # Investissement

La marque mythique renaît en Normandie

Après avoir racheté la marque Solex en 2013, le groupe Français Easybike a choisi de « relocaliser » l'assemblage de ses vélos électriques à Saint-Lô dans la Manche. Le top départ a été donné le 12 janvier dernier dans une usine flambant neuve de 4 000 m².

Cela faisait près de 20 ans que la célèbre marque de vélos motorisés n'avait plus été produite en France ! Le 12 janvier 2017, c'est à Saint-Lô dans le département de la Manche que l'aventure Solex a redémarré. Un événement industriel que l'on doit à Grégory Trébaol, le fondateur du groupe Easybike, qui a investi pas moins de 5 millions d'euros pour mettre sur pied un site d'assemblage flambant neuf de 4 000 m².

100 000 VéloSolex produits en 1953

Commercialisé dès 1946, le VéloSolex a depuis connu des fortunes diverses. Imaginé par Marcel Mennesson, le premier modèle motorisé a flambé dans les années cinquante et soixante, passant de 25.000 unités produites par an en 1948 à 100 000 en 1953. Au milieu des années soixante, il s'en vendait près de 1 500 par jours. Rachetée par Motobécane en 1975, la marque mythique continuera de produire en France jusqu'en 1988, date à laquelle elle passe sous pavillon Italien (Magneti Marelli).

Un premier modèle électrique signé Pininfarina

Dès lors, sans jamais totalement disparaître des radars, Solex va néanmoins marquer le pas jusqu'à son rachat en 2005 par un Français désireux de relancer la marque, Jean-Pierre Bansard. Un entrepreneur qui a l'idée de se rapprocher du célèbre designer industriel Pininfarina pour concevoir le premier modèle électrique de la marque. Un cap visionnaire pour Solex qui, toujours sur cette même ligne, engage aujourd'hui un nouveau cycle avec son installation normande. Devenu distributeur de la marque avant d'en devenir définitivement propriétaire en 2013, Easybike a donc décidé d'installer son outil industriel à Saint-Lô dans la Manche. Une installation qui doit beaucoup au rachat simultané de la société Mobiki, spécialiste local des vélos électriques pliables.

De Mobiki à Matra, la construction d'un groupe

« Quand nous avons repris la marque Solex en 2013, nous avions déjà l'ambition de fabriquer en France », explique Grégory Trébaol. « Le rachat de Mobiki nous a permis de booster le projet ». Et l'histoire ne s'arrête pas là : alors que le projet de nouveau site industriel sort à peine de terre, le groupe Lagardère saisit l'occasion pour proposer à Easybike de reprendre la marque Matra qui produit alors ses vélos à Romorentin dans le Loir-et-Cher (41). Un « enfant inattendu », dixit Grégory Trébaol, qui oblige Easybike à s'installer en janvier 2015 dans un bâtiment provisoire pour assurer la production Matra, en attendant la livraison en 2016 de son site d'assemblage à Saint-Lô. Désormais, Easybike est en ordre de bataille dans son usine de 4 000 m². Un site qui emploie une trentaine de collaborateurs dont les deux tiers sont dédiés à l'assemblage des modèles Matra et Solex, ainsi qu'à une partie des véhicules motorisés Easybike dédiés aux collectivités. Soit vingt-cinq modèles au total, dont trois estampillés Solex. « Nous produisons actuellement une cinquantaine de vélos par jour, soit environ 10.000 unités par an », précise Benoît Carlet, le directeur de ce site industriel dimensionné pour atteindre « 20 000 vélos » dans les années à venir. S'agissant de la marque Solex, les objectifs sont clairs : atteindre rapidement les 3 500 vélos assemblés à Saint-Lô. Un objectif difficile à tenir pour l'année qui démarre, « car nous arrivons tard pour la saison 2017 », reconnaît le directeur de l'usine. La production a démarré le 12 janvier dernier et les premiers modèles sont disponibles en février dans un réseau de points de ventes spécialisés en vélos électriques. C'est le choix fait par Grégory Trébaol pour relancer la marque.

Des vélos vendus entre 1 800 et 2 500 euros l'unité

Vendus entre 1 800 euros et 2 500 euros l'unité, suivant les modèles, les vélos Solex sont équipés de batteries Bosch qui étaient jusqu'à il y a peu produites elles aussi en Normandie, à Mondeville (14). Produits à ce jour essentiellement en Asie, les vélos de marque Easybike pourraient être à leur tour « relocalisés » en France à l'horizon 2018. C'est le nouveau challenge que se fixe Grégory Trébaol.

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