Passer de 500 à 872 adhérents entre 2016 et 2026. C’est la croissance qu’a dû encaisser la coopérative d’achats pour les artisans du bâtiment VST (443 salariés). Pour cette dernière, qui évolue dans six secteurs d’activité (carrelage, chauffage, électricité, sanitaires, matériaux, et tertiaire), il est maintenant l’heure de consolider ce bond en avant. La coopérative vendéenne, qui fête cette année ses 50 ans, vient d’investir 18,6 millions d’euros dans un nouveau site logistique. "Durant les 40 premières années, nous avons atteint un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros, mais tout s’est accéléré sur la dernière décennie. Nous sommes passés maintenant à un chiffre d’affaires de 221 millions d’euros", se félicite Thierry Orieux, directeur général de VST.
Une possibilité d’extension
En 2021, VST avait déjà inauguré une plateforme logistique aux Essarts (Vendée), qui venait en complément de son siège situé à la Ferrière. Avec 17 000 m² de surface couverte et 9 mètres de haut, très vite cette dernière s’est retrouvée saturée, sans possibilité d’extension. La nouvelle plateforme logistique à Chavagnes-en-Paillers, toujours en Vendée, s’étend pour sa part sur 19 000 m² avec 14 mètres sous plafond. De plus, la coopérative a anticipé, avec au total un terrain de 8 hectares.
"Si à l’avenir nous avons à nouveau besoin de nous agrandir, la plateforme peut être doublée de taille", prévoit Thierry Orieux. En service depuis bientôt un an, le nouveau site accueille déjà 50 salariés. "Nous avons actuellement une quarantaine d’offres d’emplois ouvertes, dont une quinzaine sur le site de Chavagnes-en-Paillers", précise Pauline Ripoche, directrice générale déléguée de VST.
Un système robotisé pour 4 millions d’euros
À Chavagnes-en-Paillers, la moitié de la surface sert à l’activité carrelage. L’autre moitié est consacrée aux petites pièces de plomberie ou d’électricité. Cela représente 20 000 bacs de rangements. Pour éviter d’incessantes allées et venues à ces opérateurs, VST a investi dans un système de 25 robots qui tournent en permanence. Ils vont eux-mêmes chercher les pièces pour constituer les commandes. Cette solution robotique provient de la licorne française Exotec (340 millions d’euros en 2025). Cette dernière a inauguré son nouveau siège près de Lille en février dernier.
"Nous avons au total 12 400 références intégrées dans le système à Chavagnes-en-Paillers. Il représente 4 millions d''euros d’investissement", ajoute Pauline Ripoche. De plus, ce système permet une vitesse d’exécution quatre à cinq fois supérieure à un humain seul.
85 % des bénéfices redistribués aux adhérents
Les 872 entreprises adhérentes comptent en moyenne 6 salariés. "Mais certains embauchent plus d’une centaine de personnes", ajoute Thierry Orieux. VST reçoit environ 70 demandes d’adhésion par an, et en accepte entre 30 et 40. "Nous faisons attention aux entreprises dans le rouge qui se rapprochent de la coopérative plus par nécessité, que par conviction commune. Les entrepreneurs doivent participer à la vie de la coopérative", appuie le directeur général.
"Au-delà des achats, la coopérative offre des formations RH, ou sur la gestion. Cela permet de se réunir entre chefs d’entreprise et de partager nos bonnes pratiques"
Leur rôle est crucial, car l’ensemble du capital de VST est entièrement aux mains de ses entreprises adhérentes. "85 % de nos bénéfices (8 millions d’euros l’an dernier, NDLR) leur sont redistribués. Le reste sert en fonds de roulement ou en investissements", appuie Thierry Orieux.
"Au-delà des achats, la coopérative offre des formations RH, ou sur la gestion. Cela permet de se réunir entre chefs d’entreprise et de partager nos bonnes pratiques. Nous discutons également pour faire entrer de nouveaux produits. Les adhérents sont in fine les décideurs", précise de son côté Yvan Raitiere, président de VST et dirigeant de RPCE (35 salariés). Et nul doute que le nombre de décideurs chez VST devrait continuer à grimper dans les années à venir.