Combien d’entreprises Team Nice Côte d’Azur a-t-elle accompagné cette année ?
En 2023, l’agence a obtenu 22 décisions d’implantations nouvelles, un record pour le territoire métropolitain. Cette année, notre ambition est d’en obtenir 28. Toutefois, le nombre d’emplois projetés diminue. Pour avoir questionné nos homologues d’autres agences métropolitaines ou Rising Sud au niveau régional, ce constat est global, il n’est pas spécifique à notre territoire.
Quels sont les atouts de la métropole niçoise qui attirent ces entreprises et investisseurs étrangers ?
L’un des éléments est notre aéroport, un aéroport de centre-ville avec des connectivités sur les plus grandes capitales européennes tout au long de l’année, avec tous les plus gros hubs internationaux, que ce soit Dubaï ou Atlanta.
Nous mettons également en avant l’offre de notre enseignement supérieur, qui s’est énormément étoffée ces dernières années avec l’arrivée d’écoles comme Centrale, 42, Simplon, l’Isart. Les entreprises ont besoin de personnes formées. Avoir ces acteurs aux côtés d’une Université d’excellence labellisée IDEX est un élément qu’on met en avant.
L’autre élément est le développement de la plaine du Var qui, au-delà de l’aménagement urbanistique, nous positionne de façon très positive par rapport à d’autres territoires, avec une offre foncière de qualité récente ou neuve, relié en tramway au proche l’aéroport. C’est un avantage pour les entreprises qui doivent notamment répondre à des contrats environnementaux comme le décret tertiaire.
Quelles sont les filières sur lesquelles Nice se positionne ?
Il y a la santé. Le fait que Nice ait obtenu et accueille prochainement un IHU, Institut Hospitalo-Universitaire, spécialisé dans les maladies respiratoires illustre parfaitement le fait qu’on ait une expertise majeure dans ce domaine. Forcément, nous en faisons un élément d’attractivité.
Il y a aussi l’économie de la mer qui est déjà présente mais que l’on pourrait imaginer plus développée pour un territoire tel que nôtre. Là, on utilise par exemple à fond la carte de l’organisation de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan qui se tiendra en juin 2025 à Nice.
Au-delà des infrastructures spécifiquement créées pour cette Conférence, Nice peut-elle en attendre des effets durables ?
Pour moi, les effets sont déjà visibles aujourd’hui. Et je ne parle pas d’infrastructures mais d’impact, de la capacité de Nice à attirer de nouveaux investisseurs. Des entreprises sont déjà venues directement à nous parce qu’il y avait cette conférence et que cela a permis de mettre le territoire en lumière. C’est vraiment un élément d’attractivité qui nous permet au moins d’entrer en contact avec nombre de prospects. Tout ne se conclut pas par des décisions d’implantation bien sûr, mais c’est un élément majeur. Les entreprises sont conscientes que demain, des accords internationaux vont protéger l’océan qui s’appelleront "les Accords de Nice" et mettront Nice sur la carte pendant des années. C’est un héritage majeur que nous utiliserons.
Sur quelles autres filières souhaitez-vous désormais compter ?
Depuis plusieurs mois, nous essayons de construire une stratégie spécifique à la filière des industries culturelles créatives, les ICC, avec le volet gaming notamment. Il y a deux projets majeurs en la matière sur le territoire métropolitain : l’arrivée de l’Isart, école de jeux vidéo classée à plusieurs reprises comme l’une des meilleures au monde et qui fait le choix, après s’être installée à Paris, Montréal ou Tokyo, d’ouvrir un campus à Nice. Ce n’est pas rien. Elle porte également l’ambition d’ouvrir un incubateur. Le deuxième projet majeur est le renouveau des studios de la Victorine.
A contrario, sur quels aspects la métropole niçoise doit-elle encore se renforcer ?
Finalement un peu toutes les filières. Par exemple, quand je discute avec Marcel Ragni (président du groupe Ragni et de l’UIMM Côte d’Azur, NDLR) qui représente notre industrie, je me dis que ce secteur est tout de même majeur pour notre territoire, au-delà de la zone industrielle de Carros. Or, Nice n’est pas identifiée comme une terre industrielle. Bien sûr, on ne fera jamais venir de gigafactory, car même si nous le souhaitions, ce ne serait pas possible, étant contraints entre mer et montagne, mais nous pouvons en revanche promouvoir Nice sur ce volet pour permettre aux entreprises d’attirer de nouveaux talents et faire aboutir leurs recrutements.
Concernant les ICC, si nous voulons vraiment en faire un axe de développement, il nous faut réfléchir à la façon dont on peut répondre aux besoins particuliers de ces entreprises. Le Canada, qui est un des territoires sur lesquels nous avons décidé de travailler spécifiquement, les a attirées avec des incitations financières assez conséquentes. Avons-nous de notre côté aujourd’hui tous les atouts ? Cela fait partie des questions auxquelles il va falloir répondre prochainement.
Et pour moi, l’un des éléments sur lesquels nous sommes un peu fragiles, est notre capacité à accueillir des entreprises qui ont des besoins spécifiques en termes de foncier technique, par exemple. Dans les biotechs, on est un peu entre deux : il y a un potentiel, avec un certain nombre de start-up présentes, avec une expertise, mais on sait manquer de surfaces de laboratoires. Il y a des projets dans la plaine du Var, notamment le Lab, près de l’Imredd (l’Institut Méditerranéen du Risque, de l’Environnement et du développement Durable, NDLR), sur plusieurs milliers de mètres carrés, mais il arrivera dans deux ou trois ans. En attendant, nous n’avons pas de zone tampon pour accueillir des entreprises qui pourraient commencer à s’insérer dans l’écosystème, ou pour celles qui, en grossissant, vont devoir basculer sur ce type de foncier plus spécifique. Sur notre territoire, il manque là une pièce du puzzle.
Vous mentionniez le Canada, quels sont les autres territoires ciblés par Team Nice Côte d’Azur ?
Il y a la Tunisie et l’Italie et donc le Canada. Nous étions le mois dernier dans la province du Québec pour rencontrer des acteurs institutionnels, nos homologues des agences d’attractivité et des entreprises pour pouvoir évaluer cette possibilité de coopération entre nos territoires : est-ce que c’est faisable ? Y a-t-il un intérêt partagé ? On a fait un peu ce travail avec la Tunisie il y a presque un an et les choses sont déjà beaucoup plus avancées. Côté italien, nous voulons nous inscrire dans une approche plus globale, notamment dans le cadre des travaux transfrontaliers qui sont menés dans la grande région, l’eurorégion, dans laquelle Nice a un rôle important à jouer. Là, nous sommes vraiment au début de notre travail.
Où que nous allions, tout le monde connaît et identifie Nice. Mais quand on explique tout ce qu’il y a au-delà du tourisme et quels sont les potentiels, ils découvrent. Clairement, ils ne mettaient pas forcément Nice sur la carte des destinations possibles pour les entreprises de leur territoire. Et ça, c’est vraiment notre mission première et l’un de nos enjeux majeurs.