Côtes-d'Armor
En levée de fonds, SeatrackBox va commencer la production de son traceur de containers
Côtes-d'Armor # Industrie # Levée de fonds

En levée de fonds, SeatrackBox va commencer la production de son traceur de containers

S'abonner

SeatrackBox, qui a conçu un traceur qui permet de connaître la localisation des containers tombés en mer, va commencer sa production en mai 2025, avec sept partenaires bretons, avant d’intégrer la fabrication en 2028. La PME costarmoricaine lève des fonds, en offrant aux industriels bretons un traceur pour chaque tranche de 5 000 euros investie dans son capital.

Les associés de SeatrackBox (de gauche à droite) : Thibaut Morin, directeur commercial, Alain Beauvy, président et directeur financier, et Christophe Thomas, à l’origine du projet et directeur technique — Photo : SeatrackBox

SeatrackBox franchit une nouvelle étape de son développement. La jeune entreprise costarmoricaine qui a conçu un traceur de containers devrait débuter en mai 2025 la commercialisation de ce produit innovant, qui permet de retrouver des containers tombés en mer. Les premières livraisons devraient commencer en juin.

Trois entreprises bretonnes testent le traceur

En attendant, des essais en conditions réelles vont avoir lieu à partir du mois de janvier 2025 avec trois entreprises costarmoricaines : Le Monde des Crêpes, pour des crêpes et des galettes qu’elle exporte notamment vers l’Amérique du Sud, Winco Technologies, qui livre ses membranes incombustibles pour bâtiment par exemple en Corée du Sud, et Vitalac, qui exporte ses produits de nutrition animale dans 60 pays. Ces retours d’expérience finiront de valider le produit, avec l’obtention en cours des certifications pour les transports maritime et aérien.

Une offre de levée de fonds originale

C’est également aux industriels bretons, qui importent et/ou exportent, que Seatrackbox a décidé de s’adresser avec une offre originale dans le cadre de la levée de fonds démarrée le 15 novembre et qui se clôturera le 15 janvier. L’objectif de la PME basée à Saint-Alban est de réunir au total 600 000 euros (dont 300 000 euros en bon de souscription d’actions Accord d’Investissement Rapide). "Pour chaque tranche de 5 000 euros investie dans notre capital, nous offrons une balise, pour que les entreprises bretonnes bénéficient en premier de notre produit", annonce Thibaut Morin, l’un des trois associés - créateurs avec Christophe Thomas (37 % du capital, comme Thibaut Morin) et Alain Beauvy (6 %). L’augmentation de capital porterait sur 20 % du capital de l’entreprise.

Une production intégrée à partir de 2028

Les balises, destinées notamment aux containers transportant des matières dangereuses ou des produits à forte valeur ajoutée, permettant de les retrouver en mer, de les récupérer et d’éviter d’éventuelles collisions et pollutions, coûteront 2 000 euros. Elles seront sous-traitées à partir de mai 2025 à sept partenaires bretons, dont la brestoise Hexa-H, qui fabriquera les cartes graphiques du traceur. La commercialisation se fera sous forme de vente ou de location (75 euros HT par mois), avec accès aux données de localisation du container via l’application de SeatrackBox. La PME souhaiterait, à partir de 2028, intégrer la fabrication du traceur sur un futur site de production qu’elle verrait bien se situer dans l’agglomération briochine. Elle y prévoit une production de 5 000 boîtiers par an.

Une réglementation qui pourrait booster le marché

D’ici là, SeatrackBox pourrait atteindre un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros et une quinzaine de collaborateurs dans les trois ans. Une ambition portée par une nouvelle réglementation de l’Organisation Maritime Internationale, qui impose à partir du 1er janvier 2026 aux transporteurs de déclarer les containers tombés en mer. "Nous espérons que cette réglementation se double à l’avenir d’une obligation d’équiper certains containers d’un système de localisation, confie Thibaut Morin. L’organisation ne l’a pas fait car il lui manquait la technologie qui la rendait possible. Elle va bientôt exister grâce à SeatrackBox."

Un brevet déposé au niveau mondial

Prudente, la PME a déposé un brevet au niveau mondial, qui lui coûte 100 000 euros par an, sur ce qui constitue son innovation : lorsque le container tombe à l’eau, la balise se divise en deux parties, séparées par un filin de 25 mètres. L’une reste accrochée au container, l’autre reste à la surface, seul moyen d’émettre la localisation par satellite. Le marché est immense : 80 % des marchandises mondiales passent par le transport maritime, selon le rapport de la Conférence des Nation Unies sur le commerce et le développement.

Côtes-d'Armor # Industrie # Transport-logistique # Levée de fonds # Innovation # PME