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La chaudronnerie industrielle Reatech renforce sa polyvalence
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La chaudronnerie industrielle Reatech renforce sa polyvalence

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En pleine croissance, la PME basée à Sorgues (Vaucluse) fabrique et fournit du matériel pour des clients aux profils très différents dans l’agroalimentaire, le nucléaire, la cosmétique, la pharmaceutique ou encore l’armement. Elle vise les 3,3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 mais "ne veut pas devenir une multinationale".

Reatech veut consolider sa position après une forte croissance en quelques années — Photo : DR

Et si la polyvalence était l’arme ultime pour tirer son épingle du jeu dans l’industrie ? À Sorgues, dans le Vaucluse, la chaudronnerie industrielle Reatech y croit dur comme fer. Cette entreprise, spécialiste de la conception et fabrication de cuves, de ballons, de cyclones, de machines spéciales comme des lignes de convoyage, mais aussi de tuyauterie et de construction métallique, en a fait sa marque de fabrique. Avec un certain succès, à en croire sa directrice générale Élodie Forat.

Haute valeur ajoutée

"Nous avons volontairement des clients très variés qui ont un niveau d’exigence différent. Intervenir dans plusieurs secteurs d’activité permet de ne pas être dépendants d’un seul", souligne-t-elle. La société, qui travaille (ou a travaillé) notamment pour les épices McCormick, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), le spécialiste des charges explosives militaires Eurenco et le laboratoire Sanofi, a pris une nouvelle dimension en seulement quelques années après son rachat par Élodie Forat et Marc Antoine Coullomb, tous deux issus du secteur, en janvier 2023. "Reatech a été créée en 2000, explique la dirigeante. Il y avait quatre personnes pour un chiffre d'affaires de 850 000 euros quand nous sommes arrivés. Nous voulions revenir sur les métiers de base et trouver des sujets à haute valeur ajoutée". Aujourd’hui, l’entreprise vauclusienne compte 28 salariés pour un chiffre d’affaires de 2,5 millions d’euros en 2024 et peut-être 3,3 millions d’euros cette année.

Investissement innovant

Pour s’assurer les bonnes grâces des plus gros clients tout en s’adaptant à la réalisation de projets complexes qui peuvent mettre un an à se concrétiser, l’entreprise est passée par le délicat chemin de l’obtention de certifications : ISO 9001 v201, MASE, ISO 3 834-2, EN 1090-2 EXC3 (pour les constructions métalliques) et cette année une labellisation "radioprotection". Autant de sésames indispensables dans la conquête de nouveaux marchés. En début d’année, un déménagement dans un atelier "deux fois et demi plus grand, à 500 mètres des anciens locaux" a été réalisé. Le bâtiment comprend, sur 2 500 m2 de surface, une partie acier, une partie inox et des bureaux. Une petite antenne a aussi été ouverte à Bagnols-sur-Cèze dans le Gard. Dans l’optique de développer un savoir-faire made in France toujours plus pointu, Reatech a, récemment, fait l’acquisition d’un poste à souder orbital à 55 000 euros. Un matériel capable "de faire des soudures en automatique avec des bourrelets minimes qui nous a permis de valider un client dans la cosmétique", se félicite la directrice. Cet investissement innovant lui a d’ailleurs valu la remise d’un trophée TotalEnergies, accompagné d’un prêt à taux zéro de 45 000 euros pour l’achat de cette machine et le recrutement de deux personnes en plus.

Échelle humaine

Confrontée à la difficulté de recruter, la société doit cependant composer avec un contexte économique fragile sur fond d’incertitudes politiques. "Le premier semestre a été compliqué, des budgets ont été bloqués côté clients", reconnaît Élodie Forat. Mais l’avenir immédiat s’annonce plutôt positif avec de la visibilité "sur les six prochains moins, ce que nous n’avions pas il y a un an". De quoi voir l’avenir d’un bon œil, sans pour autant se perdre dans une ambition démesurée. " L’idée c’est que l’on commence à consolider. Le but, ce n’est pas de devenir une multinationale. Si on a dix personnes en plus, ce sera pas mal. Nous voulons garder la dimension d’une entreprise familiale".

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