La carte BTP a commencé à être déployée le 22 mars en Occitanie et en Aquitaine. Le calendrier des déploiements est organisé par phases et, au 27 avril, 28 000 cartes étaient déjà distribuées. Cette carte d'identification professionnelle informe de l'identité, de la raison sociale de l'employeur, de son numéro Siren, et de la date de délivrance de la carte. Elle sera obligatoire dans toutes les régions de France. La carte comporte un QR Code qui permet, au moyen d'une application mobile, de vérifier sa validité. Pour les salariés d'une entreprise de travail temporaire établie en France, il y aura la mention « salarié intérimaire ». Pour les salariés détachés d'une entreprise établie hors de France, la carte portera la mention « salarié détaché » ou « salarié intérimaire détaché ».
2000 travailleurs détachés illégaux en Haute-Garonne
Jonathan Sutra, secrétaire général de la FBTP 31 (Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics), est très positif sur cette nouvelle mesure : « Je pense que c'est un moyen de contrôle efficace contre le travail illégal. Il y a en Haute-Garonne 2000 travailleurs détachés légaux et l'on estime qu'il y a le même nombre d'illégaux. Avec cette carte, le chiffre du travail illégal va forcément baisser », affirme le secrétaire général qui rappelle que le département compte 33 000 salariés employés dans 6000 entreprises.
Des outils pour les employés ne comprenant pas le français
Concernant la clause Molière, il considère que cela ne peut être un acte réglementé : « C'est une question de bon sens : dans les métiers ou les missions où il y a du danger, si l'on ne comprend pas un texte ou ce que dit l'autre, il peut être plus prudent de connaître un minimum la langue. Mais ce n'est pas le cas dans tous les métiers du bâtiment. » Thierry Le Friant, président de la Fédération régionale des travaux publics, rappelle que le bâtiment a traditionnellement l'habitude de travailler avec des personnes étrangères ou d'origine étrangère et ne maîtrisant pas bien le français. « Un des rôles de la fédération est de mettre en place des dispositifs adaptés comme des pancartes avec visuels plutôt que des textes ou de réaliser des manuels traduits dans des langues étrangères. » Pour le président de la FRTP, sous des prétextes de sécurité, cette clause Molière sous-entend clairement une volonté de limiter le travail illégal et selon lui, seule la carte BTP est la bonne solution. « Cela représente certainement une nouvelle charge administrative pour les entreprises et un coût (10,80 €/ carte, ndlr), mais cela en vaut la chandelle. » Il met cependant en garde sur la possibilité de falsification de ce genre de document.