Gérard Têtu n'est visiblement ni stressé ni pressé. Deux ans après avoir levé près de 500 000 euros en amorçage plus 200 000 à Bpifrance, cet ancien cadre de Décathlon déroule comme il l'avait prévu son business plan. « Lorsque nous nous sommes lancés, il y a plus de quatre ans, nous avions tout de même pris de gros risques. Nous étions sous-capitalisés (48 000 euros et avons misé 1,8 millions d'euros en R&D » glisse le dirigeant, qui a vécu quelques nuits blanches. Mais ces deux dernières années l'ont conforté dans ses choix. Il a vendu 45 triporteurs pouvant déplacer jusqu'à 450 kg de charge utile à des clients sérieux : Lyon Métropole, Pizzorno ou Coved pour la collecte. Mais aussi à l'un des leaders des camions frigorifiques, Petit Forestier. De quoi asseoir une réputation d'excellence. Son vélo à assistance électrique se destine aussi à la vente de streefood mais uniquement pour des restaurateurs MOF. « Nous sommes 100 % Made in Auvergne-Rhône-Alpes, nous ne visons que des utilisateurs haut de gamme ». L'ouverture de capital prévue début 2017 doit lui permettre d'industrialiser. Parmi les investisseurs qui seraient sur le point de signer figure IMECA (société d'investissement et de mécanique) réalisant 73 millions d'euros de chiffres d'affaires. Cette filiale de Michelin entrerait dans le capital et devrait fabriquer les châssis. Voilà pour l'investisseur industriel.
Diversifier les gammes
Les investisseurs financiers qui étaient entrés au capital il y a deux ans pourraient sortir avec un coefficient de 1,5, la SAS Kleuster étant valorisée en pre-money à 9 millions d'euros. À la faveur de ces fonds qui viendraient renforcer son capital, Gérard Têtu va également de se structurer : au programme, l'achat d'un ERP ultra-complet qui serait configuré dans toutes les langues. Budget : pas moins de 400 000 euros. Il compte aussi créer une nouvelle filiale "Kleuster Apps" dirigée par son ami Pierre-Louis Dumas. Cette filiale distribuera une palette de services : assurance, géolocalisation, vêtements, formation des conducteurs... Par ailleurs Kleuster, qui table sur 2,7 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2017, s'attaque au marché international. Des distributeurs viennent de s'engager à commercialiser le véhicule en Espagne, au Portugal, tandis qu'un fabricant allemand qui souhaite diversifier ses gammes vient de signer un accord pour en vendre en Suisse, Autriche, Pays-Bas, Belgique et Hongrie. Sans oublier une licence pour les États-Unis. « Nous prévoyons une production locale du véhicule. Avec Donald Trump au pouvoir, nous parions que le " made in France " ne sera pas très bien vu Outre-Atlantique ».