Morbihan
Kerfood veut « être au caramel ce qu'Hénaff est au pâté »
Morbihan # Agroalimentaire # Investissement

Kerfood veut « être au caramel ce qu'Hénaff est au pâté »

Kerfood et sa marque Carabreizh changent de dimension. Plus de 3 millions d'euros ont été investis dans sa nouvelle usine de Landévant (Morbihan).

Après un an de travaux, Kerfood et Carabreizh, sa marque qui regroupe ses produits à base de caramel salé, dispose d'une usine XXL pour décliner ses recettes et nouveaux projets. Impossible de rater ce bâtiment de 2 800 m², en bordure de la RN 165, à hauteur de Landévant (Morbihan). « Nous avons pensé ce projet il y a... dix ans. C'est un grand bond en avant de passer de 400 à 2 800 m². À l'intérieur de ce bâtiment tout en longueur, nous appliquons la marche en avant en vigueur dans l'agroalimentaire », résume Christophe Niceron, enthousiaste à l'idée de partager cette grande étape de Carabreizh, avec ses équipes dont son épouse Myriam avec qui il a créé l'entreprise en 1997 puis la marque Carabreizh en 2005.

Plus de 3 millions d'euros ont été investis dans ce projet à la hauteur d'un objectif clair : « devenir le référent breton du caramel au beurre salé. C'est le sens de la marque Carabreizh et c'est aussi pour cela que nous apportons de l'innovation ». Pour Christophe Niceron et ses équipes, l'innovation est pleinement d'actualité. La première concerne l'ouverture de la boutique, adossée à l'usine ainsi que d'un parcours ludique et scénarisé pour devenir la fabrication du caramel.

Premiers bonbons bretons aux fruits

L'innovation passe aussi par la diversification. Et là Carabreizh a fait une entorse à son positionnement sur le caramel. Christophe Niceron et ses équipes ont décidé de rester sur le champ de la confiserie tout en additionnant des fruits. Une incursion sur un terrain trusté par la marque Carambar, poids lourd du marché. Avec les premiers bonbons bretons aux fruits, la PME morbihannaise entend cultiver sa différence. Les Loustiks, nom donné à ces confiseries, surfent sur la carte de l'humour avec des noms comme Gary Guetta, Maud Orangepa ou encore Ambroise Moi, etc. « Là aussi, nous avons innové pour mettre au point des produits qui ne collent pas et qui sont forts en fruits. Il y a une technicité et un travail manuel important sur ces bonbons. Avec les Loustiks et leurs petits noms, nous écrivons une histoire sympathique qui peut durer longtemps », parie Christophe Niceron. Pour ces produits phares Carabreizh mise sur sa nouvelle boutique mais s'appuie sur plusieurs axes forts de distribution. Le plus gros de ses volumes de vente est réalisé dans toutes les enseignes de la GMS dans l'Ouest. Prochaine étape pour elle : Paris et la région parisienne.

Objectif : 1 million d'euros de CA en plus par an

La société commercialise aussi en RHD sa crème de caramel et ses caramels. Les boutiques sont aussi un relais important et elles sont liées à l'histoire de Kerfood, née à Belle-Ile et où est toujours établi son siège social. C'est là que les époux Niceron ont lancé la Bien-Nommée, leur marque de gâteaux peu à peu complétée par de la crème de caramel et ses dérivés. « Nous employons 25 personnes à Belle-Ile au sein de notre biscuiterie-confiserie et nos deux boutiques ». Outre Belle-Ile, Kerfood dispose d'un magasin à Quiberon. Née sur une île, l'entreprise y a grandi avant de se développer « sur le continent ». Pour ses dirigeants, il a fallu mettre en place une organisation prenant en compte cela. « Je me rends le mercredi à Belle-Ile. Toutes les questions sont posées en amont. Le vendredi soir, un rapport d'activités m'est transmis. Cette organisation a mis du temps pour être trouvée. Aujourd'hui, c'est naturel ».

Sur place, l'anticipation et l'organisation sont de mise. « Ici, à Landévant, nous sommes en fait le port avancé de Belle-Ile ». Matières premières, capacités de stockage, rien n'est laissé au hasard. « La plus grande difficulté concerne la maintenance. C'est très coûteux ». Autre poste de coût, les transports entre les deux sites : il atteint 90 000 euros par an. Entreprise familiale comme ses capitaux, Kerfood passe à la vitesse supérieure. Discret sur son chiffre d'affaires, Christophe Niceron confie qu'il s'établit entre 3 et 6 millions d'euros mais il assure que son objectif « est de faire un million de plus par an ».

Nombreux leviers de développement

Contraint par l'espace sur l'île, le site de Landévant offre un potentiel : l'usine peut encore être agrandie deux fois. L'export pourrait être d'actualité à moyen terme. « Nous visons l'IFS pour juin 2018 ». De quoi s'ouvrir de nouveaux horizons à l'international. Pour l'heure, l'essor géographique de ses ventes en GMS devrait être un levier majeur. Mais Kerfood dispose également d'autres recettes : si elle travaille avec Albert Menez en marque de distributeur premium, l'entreprise parie aussi sur les PAI (produits alimentaires intermédiaires) et le co-branding ou des partenariats. « Pourquoi ne pas être partenaire de marques bretonnes emblématiques comme La Trinitaine ». Admiratif de la success story de Breizh Cola, Christophe Niceron rêve avec une pointe d'amusement « d'être au caramel ce qu'Hénaff est au pâté ».

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