Lancé en 2022 par la Région Bretagne et son agence Bretagne Développement Innovation (BDI), le projet Relocalisons.bzh vise à encourager les achats et approvisionnements locaux. À l’occasion de l’événement Les Rendez-vous de la relocalisation qui s’est tenu le 13 juin à Rennes, Loïc Hénaff, conseiller régional délégué à la relocalisation, au fret et à la logistique, a fait un point d’étape sur l’engagement des acteurs économiques derrière cette démarche et les freins encore à lever.
Un millier d’entreprises en action
Environ un millier d’entreprises seraient engagées dans ce mouvement de relocalisation. "Nous n’avons pas de comptage fin, elles sont représentatives des grands secteurs d’activité de l’économie bretonne : l’agroalimentaire, l’agriculture ou l’électronique/digital", présente l’élu régional et patron du groupe finistérien Jean Hénaff. Le plan d’action 2024-2025 repose sur trois axes : sensibiliser les dirigeants à l’enjeu stratégique des achats locaux ; créer de nouvelles relations acheteurs-fournisseurs sur le territoire ; identifier et accompagner la relocalisation d’activités, notamment dans les secteurs clés comme les emballages.
Sur le site Relocalisons.bzh, des outils permettent de passer à l’action. Le TCO (total cost of ownership ou coût total de détention) va permettre par exemple d’évaluer le coût global d’un achat, au-delà du seul prix d’achat.
Savoir cartographier ses achats
Malgré un mouvement de délocalisation "encore sous-jacent", la crise du Covid-19 et la guerre en Ukraine ont renforcé la prise de conscience des décideurs concernant la vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement mondialisées. "C’est du bon sens d’aller près de chez soi pour trouver nos matières premières. La recherche du prix nous a éloignés de cela", témoigne Gildas Péron, patron de la PME morbihannaise La Maison d’Armorine (40 salariés), connue pour ses caramels au beurre salé et autres douceurs sucrées. L’entreprise a fléché un nouveau fournisseur local pour ses présentoirs à sucettes il y a moins d’un an. "Il faut savoir prendre le temps de cartographier ses achats, aller chercher un double sourcing parfois pour équilibrer le risque", réagit Loïc Hénaff, bien conscient que toutes les entreprises ne peuvent pas se passer de partenaires internationaux. Il précise toutefois que différentes filières font déjà l’objet d’un accompagnement spécifique pour faire bouger les lignes vers la relocalisation d’achat. C’est le cas dans la mécanique, le bois, les emballages et le tourisme.
Un enjeu militant
Au-delà de la question du coût, Hervé Kermarrec, président du Medef Bretagne (partenaire du programme), en appelle au "militantisme" des dirigeants. "La relocalisation, c’est vertueux, ça crée de l’emploi et de la richesse." Selon une étude relayée par BDI, 10 % des achats des entreprises seraient localisables, dont 3 % en Bretagne. En tant qu’acheteur public, la Région Bretagne montre l’exemple. 75 % des contrats publics régionaux sont attribués à des entreprises bretonnes. L’objectif est d’atteindre 80 % d’ici fin 2025.