"Tout le monde était en panique au Salon de l’Agriculture. Il y a deux jours encore, j’ai échangé par SMS avec des industriels qui n’avaient pas encore bouclé les accords", relate Jérôme Foucault, président de Pact’Alim, qui représente 3 000 PME et ETI de l’alimentation. Des négociations annuelles qui ont abouti au dernier moment (les acteurs avaient jusqu’au 1er mars pour signer les accords), dans une atmosphère particulièrement tendue, selon Pact’Alim.
Prendre en compte les coûts de production dans la loi Egalim
"Que la distribution fasse son travail de négocier les prix au plus bas, on peut l’entendre, mais il n’est pas normal de ne pas trouver un accord tous ensemble", souligne Jérôme Foucault. Le président de Pact'Alim regrette des négociations déséquilibrées. "Un échec", pour les agriculteurs et industriels, "qui n’ont pas pu répercuter tous les coûts de production". Pact’Alim continue de demander une révision de la loi Egalim pour sanctuariser tous les coûts de production dans les négociations annuelles. Une demande à laquelle la ministre de l’Agriculture Annie Genevard s’est récemment dite favorable. Pour le moment, rien de concret n’a été annoncé.
Les prix fixés restent globalement stables en 2025
Au final, les prix alimentaires vont rester globalement stables en 2025. Cette "quasi-stabilité" des prix "sera bénéfique aux consommateurs après les années d’inflation que nous avons connues", s’est félicitée Layla Rahhou, la déléguée générale de la fédération patronale des supermarchés (FCD), dans un communiqué. Dans le détail, pour l’année 2025, le prix des œufs, du bœuf, de la volaille et du beurre vont augmenter de quelques centimes, du fait de la hausse des coûts de la matière première. À l’international, le café et le cacao sont aussi concernés.
Trois mesures de la grande distribution pour soutenir les agriculteurs
Au Salon de l’Agriculture, quatre patrons de la grande distribution ont été réunis à l’invitation de l’animatrice Karine Le Marchand. Ils ont annoncé trois mesures pour soutenir les agriculteurs : permettre aux agriculteurs en difficulté de vendre leur production dans des magasins partenaires à moins de 100 kilomètres aux prix qu’ils auront fixé, la création d’une alerte surproduction auprès des consommateurs pour les inviter à acheter certains produits pour stabiliser le marché, et la création d’un observatoire des filières d’avenir, pour aider les agriculteurs à se diversifier.
"Une bonne initiative" de la part de Karine Le Marchand, mais des "mesurettes", pour Jérôme Foucault. "Les filières de l’agriculture et de la pêche dégagent une valeur ajoutée de plus en plus faible. Dans un contexte géopolitique troublé, être capable d’assumer notre alimentation est une mesure de bon sens", rappelle le président de Pact'Alim, qui attend des contrôles plus importants de la loi Egalim.