La semaine dernière, Jean-Charles Palau roulait en C-Max boite automatique. Il y a quelques jours, c'est au volant d'une Mazda 6 qu'il effectuait ses déplacements. Mais vous le verrez peut-être au volant d'une Range Rover... ou d'une Kaa. L'avantage, quand on dirige huit concessions automobiles, c'est qu'on a l'embarras du choix pour son véhicule. «Je roule peu mais je change régulièrement de bagnole», déclare Jean-Charles Palau, président d'Automobiles Palau SAS. L'année dernière, 4.000 voitures neuves ont été vendues par son groupe, dont les trois quarts sont des Ford.
Du sang bleu dans les veines
L'histoire du groupe Palau demeure très attachée à la marque américaine. «Il y a 40 ans, le concessionnaire Ford pour la Gironde se situait à Pauillac et mon père Julien était l'un de ses agents, explique Jean-Charles Palau. Comme il se débrouillait bien, il est monté à Paris rencontrer le président de Ford pour la France et a réussi à prendre le marché». Le groupe Palau a construit son développement en relation étroite avec le groupe automobile américain: c'est Henri Ford II qui a inauguré la concession de Bruges, qui fait encore aujourd'hui office de siège social. Jean-Charles Palau en convient: il a «du sang bleu dans les veines».
Voie toute tracée
«Une relation très personnelle unie un constructeur et un concessionnaire, affirme le président d'Automobiles Palau SA. Elle était encore plus étroite avec Ford, qui avait tout intérêt à savoir qui allait succéder à mon père. Or nous avons un important décalage d'âge. Mon père a dû attendre que je grandisse pour me transmettre son entreprise et j'ai dû me décider très jeune pour savoir si je souhaitais reprendre l'affaire familiale». En 1973, alors qu'il n'a que 8 ans, Jean-Charles Palau se destine à succéder à son père. En attendant, son premier job consiste à vérifier que toutes les voitures neuves entreposées à l'arrière de la boutique sont bien fermées à clé. 18 ans plus tard, un diplôme de l'Institut supérieur de gestion en poche (Xavier Darcos fut l'un de ses professeurs), Jean-Charles Palau intègre l'entreprise familiale. «Mon père m'a laissé faire mes armes puis m'a laissé les clés, sans jamais remettre en cause ma légitimité». Son père, le président d'Automobiles Palau SA en parle souvent, conscient de tout ce que celui-ci lui a apporté. «J'ai la chance d'être le fils de mon père et d'avoir "hérité" d'une situation très enviable». Mais si les Palau père et fils entretiennent une confiance mutuelle, ils se parlent franchement: «Mon père avait fait doubler les parois de son bureau car nous avons tous les deux un fort caractère et il ne souhaitait pas que nos collaborateurs profitent de nos divergences d'opinion».
Goût pour les relations humaines
Quand Jean-Charles Palau devient président du groupe éponyme, en 1993, deux marques sont commercialisées par ses concessions. Il est aujourd'hui dépositaire de huit marques et emploie 300 personnes. L'homme se dit très attaché à ses salariés et se félicite de l'ancienneté assez importante de la plupart de ses collaborateurs. C'est d'ailleurs son goût pour les relations humaines qui l'a poussé en politique. Son goût... et un certain atavisme: son grand-père a fait de la politique aux côtés de Jacques Chaban-Delmas (une rue porte le nom de Ferdinand Palau à Bordeaux) et son père est maire de Baurech.
Comme son père, Jean-Charles Palau dirige des concessions automobiles, fait de la politique et ne s'en laisse pas compter. À la tête du groupe Palau depuis 16 ans, il dirige aujourd'hui huit établissements qui ont vendu 4.000 voitures neuves en 2008.